La CAF met en place un système de surveillance renforcé pour traquer les fraudeurs en 2024

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Face à la recrudescence des fraudes aux prestations sociales, la Caisse d’allocations familiales (CAF) a décidé de renforcer ses mesures de contrôle dès 2024.

Une nouvelle stratégie qui inclut la mobilisation de contrôleurs spécialisés et l’implémentation d’un algorithme controversé.

Cependant, certains s’inquiètent des potentielles discriminations engendrées par ces méthodes, notamment envers les populations les plus précaires.

Des contrôleurs spécialisés pour identifier les modes opératoires des fraudeurs

En 2024, la CAF déploie une équipe de contrôleurs spécialement formés pour détecter les fraudes aux allocations familiales. Ces experts ont pour mission d’identifier les modes opératoires des fraudeurs et de mettre en place des procédures de contrôle adaptées. Ils travaillent en étroite collaboration avec les organismes de sécurité sociale et les services de l’Etat pour mutualiser les informations et améliorer l’efficacité des contrôles.

Un nouvel algorithme controversé pour lutter contre la fraude sociale

La CAF a développé un nouvel algorithme pour repérer les fraudeurs. Basé sur l’analyse de données massives, cet outil permet de détecter des comportements suspects en croisant les informations des allocataires avec celles des autres administrations. Toutefois, cet algorithme est sujet à controverse, car certains estiment qu’il porte atteinte aux libertés individuelles et qu’il peut générer des erreurs ou des discriminations.

Critères discriminants ciblant les allocataires les plus précaires

L’association La Quadrature du Net dénonce un système de surveillance de masse qui discrimine les personnes en situation de précarité. Les critères utilisés par l’algorithme pour identifier les fraudeurs sont en effet basés sur des variables socio-économiques, ce qui peut pénaliser les personnes les plus vulnérables. Ces dernières, souvent confrontées à des situations complexes, sont susceptibles de commettre des erreurs involontaires dans leur déclaration, les exposant ainsi au risque de contrôle et de sanctions.

32 millions de personnes, dont 13 millions d’enfants, concernées par l’algorithme

Ce dispositif de lutte contre la fraude touche un grand nombre de personnes : 32 millions d’allocataires, dont 13 millions d’enfants, sont concernés par l’algorithme de la CAF. Cette couverture large permet certes de cibler un maximum de fraudeurs potentiels, mais elle soulève des questions quant au respect de la vie privée et à la protection des données personnelles.

Seuils de contrôle déclenchés pour un trop-perçu de 600 euros sur deux ans

Le seuil de déclenchement des contrôles est fixé à un trop-perçu de 600 euros sur une période de deux ans. Cette somme peut sembler minime au regard des montants en jeu dans certaines affaires de fraude, mais elle permet de cibler un grand nombre d’allocataires en situation irrégulière. Les contrôles peuvent ainsi déboucher sur des redressements et des sanctions financières, parfois lourdes pour les personnes concernées.

La mise en place de ce dispositif renforcé de lutte contre la fraude aux allocations familiales témoigne de la volonté de la CAF de s’attaquer à un problème majeur. Cependant, l’utilisation d’un algorithme controversé et la focalisation sur les populations les plus précaires soulèvent des interrogations quant à l’équité et aux dérives potentielles de ce système. Il est essentiel de veiller à ce que ces mesures ne viennent pas alourdir davantage la situation des personnes déjà fragilisées par des difficultés socio-économiques.