Y a-t-il un enseignant devant chaque élève Nivernais ? 

« Le bilan de la rentrée est bon », annonce d’emblée le rectorat, rassurant. Mais au niveau de l’académie, il reste « encore des ajustements à régler », annonce-t-on.

Concrètement, dans le second degré (collège et lycée), il y a eu des problèmes concernant la technologie. Il manquait un enseignant à Nevers, Fourchambault et Cercy-la-Tour.

« Il y a quelqu’un à partir de jeudi [NDLR : 22 septembre] à Victor-Hugo, à Nevers, aux Loges, à Nevers. À Paul-Langevin, à Fourchambault, une personne a été recrutée pour début octobre, mais elle parle très peu français car elle est d’origine ukrainienne. À Cercy-la-Tour, rien n’a été annoncé pour l’instant », liste Alexandre Vinot, secrétaire du Snes-FSU.

À Nevers, il manque également un professeur d’italien. « La titulaire est en congé maternité, et le remplaçant non titulaire qui avait été trouvé a démissionné », rapporte le professeur.

Il y a eu 11 démissions et 5 ruptures conventionnelles l’année dernière qui n’ont pas été remplacées, il n’y a pas eu de recrutement, donc forcément, il a fallu occuper ces postes avec ce qu’il y avait.

Dans le premier degré, il y aurait un professeur devant chaque élève. Mais si aucun chiffre officiel n’a pu être donné aux syndicats, Caroline Lopes-Pires affirme que pour pallier le manque d’enseignants, il a fallu puiser dans la réserve de remplaçants « qui sont pris à l’année ». Selon la syndicaliste, 28 % d’entre eux seraient affectés « sur des missions qui ne sont pas les leurs ».

Et il aura fallu aussi remplacer au moins deux professeurs stagiaires, donc encore en formation, qui ont démissionné avant même la rentrée. Une situation qui inquiète le Snuipp. « Cela compromet les capacités de remplacement dans les semaines à venir. »

Avant de renchérir : « Il y a eu 11 démissions et 5 ruptures conventionnelles l’année dernière qui n’ont pas été remplacées, il n’y a pas eu de recrutement, donc forcément, il a fallu occuper ces postes avec ce qu’il y avait », regrette Caroline Lopes-Pires.

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Dans le premier degré, les contractuels représentent 1 % des effectifs selon le rectorat. Ils en représentent 5 % dans le second degré.

Notamment en technologie, selon Alexandre Vinot. « Ça fait des années qu’il n’y a pas assez de candidats aux concours, donc il y a beaucoup de recrutements de contractuel, mais quand on a le bagage nécessaire, il est facile de trouver mieux rémunérer », constate le professeur.

Une matière sous tension, mais cela ne date pas d’hier, rapporte le syndicaliste.

« Les Capes de technologie et de science de l’ingénieur ont été regroupés pour être plus attractif, mais dans les faits, la décrue a continué. C’est vraiment catastrophique », déplore-t-il.

Le problème des PsyEN

De son côté, le rectorat reconnaît certaines disciplines sous tension dans l’académie comme la techno, l’éco-gestion, les lettres classiques, l’histoire-géo, l’éducation musicale, ou encore, l’anglais. Mais le Snes-FSU se veut rassurant : à l’échelle de la Nièvre, seule la technologie pose particulièrement problème.

« Il y a peu d’élèves sans prof, c’est convenable, comme l’avait qualifié le ministre, mais ce n’est pas idéal. Il est difficile de trouver des contractuels, et il manque toujours trois PsyEN équivalent temps plein, elles couvrent le département, mais ne peuvent que pallier les urgences. »

Marie Lemaitre
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