Une grande fresque pleine d’audace

Grande fresque multimédia, avec des acteurs, des marionnettes de toutes tailles et des effets visuels, Moby Dick est une proposition ingénieuse, sombre et bonifiée par la présence de deux excellents musiciens sur scène.

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À l’affiche à nouveau samedi à 15 h au Diamant et les 1er et 2 décembre au Théâtre Outremont à Montréal, la production de la compagnie franco-norvégienne Plexus Polaire est, par sa forme un spectacle différent des productions théâtrales habituelles.

Sur scène, on retrouve des acteurs et des marionnettistes qui manipulent les différents personnages et créatures de mer. 

Même s’il y a des marionnettes, Moby Dick est destiné aux 14 ans et plus. Ce n’est pas un spectacle pour les enfants. La proposition mise en scène par Yngvild Aspeli, est sombre, avec des moments contemplatifs et certains plus philosophiques. Moby Dick est présenté en français avec certains dialogues en anglais qui sont surtitrés.

Du superbe boulot

Raconté par Ismaël, qui s’est embarqué sur le navire Pequod, pour s’éloigner de ses idées noires, la production est très cinématographique. Les segments de l’histoire sont présentés à différentes échelles et avec plusieurs points de vue. On se retrouve face à face avec un capitaine Achab qui fait trois mètres de haut où devant un navire miniature qui défie les vagues et l’immensité d’un océan. 

Les chasses à la baleine se déroulent en face du spectateur et parfois celui-ci a l’impression de se retrouver au-dessus de l’action. L’esthétisme est recherché.

Certaines séquences sont même touchantes, comme celle où une baleine tuée par les marins est découpée sous les yeux d’un baleineau. Celle de tempête et du combat final, incluant les jets d’écume de Moby Dick, est superbement chorégraphiée et spectaculaire. Les marionnettistes font du superbe boulot. 

Viktor Lukawski, le marionnettiste canadien qui personnifie Achab, est impressionnant avec les intonations qu’il réussit à aller chercher avec sa voix.

Une des réussites de cette production, présentée en première nord-américaine au Diamant, est assurément la présence de deux musiciens qui livrent, en direct, avec une panoplie d’instruments, une trame sonore qui épouse parfaitement l’histoire. 

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