Une femme est une femme – Jean-Luc Godard

Résumé : Angela (Anna Karina) et Émile (Jean-Claude Brialy) vivent dans un petit appartement du faubourg Saint-Denis. Lui travaille dans une librairie et elle danse le soir dans une boîte. Alfred, le meilleur ami d’Émile (Jean-Paul Belmondo), souvent désœuvré, est lui-aussi amoureux d’Angela. Celle-ci a envie d’avoir un enfant.

Critique : Avec ce troisième film en moins de deux ans, le jeune et boulimique ancien critique et désormais cinéaste, change de genre pour aborder la comédie, mais évidemment pas de façon classique : elle est à la fois déstructurée, bourrée de références et de clins d’œil, casse les règles, d’après un scénario original certes, mais qu’il suit à sa façon. Il s’agit aussi de son premier long métrage en couleur.

C’est aussi la deuxième fois après Le petit soldat qui date de 1960 mais sera censuré jusqu’en 1963, qu’Anna Karina tourne avec Godard. De ce fait, Une femme est une femme est donc leur première collaboration sur les écrans. De plus, ils viennent de se marier et elle fera en tout sept films avec lui.

L’œuvre est donc aussi prétexte à magnifier l’actrice qui est de presque tous les plans. Et Belmondo est de retour après À bout de souffle.

C’est à la base une histoire à trois toute simple, copiée sur le modèle américain et traitée avec la légèreté d’une comédie musicale. Mais Godard bien sûr en brise toutes les conventions : la musique (de Michel Legrand) se coupe quand Angela commence à chanter ; les acteurs, Belmondo en tête (dont le nom de famille est Lubitsch !) s’adressent souvent à la caméra ; Angela et Émile se querellent sans un mot en s’invectivant avec les titres des livres de leur maigre bibliothèque ; Jeanne Moreau fait une apparition devant Belmondo en lui rappelant un autre film dans lequel ils sont tous deux en vedette ; et Marie Dubois, qui joue une amie d’Angela, mime le titre de Tirez sur le pianiste qu’elle vient de tourner pour Truffaut.

Avec son sens tout personnel du montage, Godard se joue de tout ce dont le cinéma peut lui mettre à disposition, y compris le merveilleux, et se montre d’une incroyable inventivité. Que l’on apprécie ou pas son style, il n’en demeure pas moins inimitable.

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