« Trop de bonheur », l’histoire d’un film rattrapé par les droits d’auteur

La force de Trop de bonheur tient aussi dans le portrait de cette petite ville de province où les différentes classes sociales vivent les unes à côté des autres, se mêlent et se désirent. « Dans la bulle de l’adolescence, ces milieux se rassemblent grâce à la fête, au sexe et à la musique, dont l’une des vertus est d’être transclasse », explique Kahn. Le multiculturalisme de cette France du début des années 1980 s’incarne dans la bande-son, inscrite dans cette époque comme l’exige la collection. S’y enchaînent de magnifiques morceaux de raï dénichés par le cinéaste sur des marchés au Maroc, « Angie » des Stones reprise en chœur, le reggae de Jimmy Cliff…

Ces musiques ont notamment été piochées dans le catalogue de Sony, à la faveur d’un accord noué avec la major américaine pour l’ensemble de la collection. Des droits négociés uniquement pour la diffusion de Bonheur, et pour l’éphémère sortie en salles de la version longue. « Depuis cette époque, le marché du disque s’est écroulé, et les majors ont dû basculer vers un autre modèle économique, nous a expliqué Paul Rozenberg. Elles demandent maintenant des centaines de milliers d’euros pour chaque film de la collection. Ça n’a pas de sens ! » C’est, selon le producteur, ce qui empêche toute édition de Trop de bonheur en V.o.D. ou DVD, le rendant ainsi totalement invisible.