[Transports] La Ville d’Aix plaide pour un BHNS vers La Duranne et les Milles

Alstom, Voyage Privé, Technicatome, Upe13, thecamp, Top20 … Une partie des poids lourds et des acteurs influents de l’économie métropolitaine étaient réunis autour de la maire d’Aix Sophie Joissains lundi 21 novembre 2022, pour faire passer un message commun. « Les zones d’activités des Milles et de la Duranne génèrent chaque jour un flux de 40 000 salariés. Les autoroutes sont sans cesse saturées. C’est pourquoi il est urgent d’accélérer sur la mobilité », démarre Sophie Joissains.

La solution que la maire d’Aix propose, appuyée par les acteurs économiques présents, consiste à mettre en place une seconde ligne de bus à haut niveau de servics (BHNS) aixoise – le fameux Aixpress 100% électrique – permettant de relier la première, au niveau de la Constance, jusqu’aux zones d’activités. Plus précisément, la municipalité aixoise souhaiterait voir ce projet intégré dans les projets financés par l’Etat dans le cadre du GIP Transports (groupement d’intérêt public qui pilote les 15 chantiers prioritaires du plan Marseille en grand) en lieu et place de l’unique projet initialement retenu concernant Aix : celui d’un BHNS desservant le quartier du Val-Saint-André. « L’option d’un BHNS vers les Milles et la Duranne constituerait un véritable projet métropolitain : en effet, ces zones emploient des personnes qui viennent d’autres communes et qui se déplacent tous les matins. Aussi, cela semble plus pertinent qu’une extension du BHNS intra-muros », insiste l’édile aixoise.

A ses côtés, les acteurs économiques sont unanimes : « Ce projet dispose du soutien entier et massif du club Top 20 (qui fédère les plus grandes entreprises de l’aire métropolitaine, ndlr) pour la concrétisation de ce projet. C’est la seule voie possible pour que ce territoire retrouve un peu d’air » affirme pour sa part Denis Philipon, le PDG du groupe Voyage Privé, dont le campus est situé dans le quartier de la Constance. « Je compte écrire à Martine Vassal (la présidente de la Métropole Aix-Marseille Provence, ndlr) dès aujourd’hui pour lui faire part de ce projet » assure pour sa part Phillipe Korcia, président de l’Union pour les entreprises des Bouches-du-Rhône (Upe13) et par ailleurs membre du GIP Transports. « Lors de la création du GIP transports, l’Etat et la Métropole avaient promis que le monde économique aurait sa place dans le processus de décision. Il est temps de faire entendre notre voix sur ce projet », renchérit Patrick Ardizzoni, élu de la Chambre de commerce et d’industrie Aix-Marseille Provence.

Une piste cyclable le long de la voie ferrée

Selon Sophie Joissains, ce projet de BHNS serait inscrit depuis plusieurs années dans le plan de déplacement urbain (PDU) métropolitain : trois scénarii ont ainsi été mis au point. Celui plébiscité par la Ville d’Aix serait d’utiliser l’emprise foncière de la SNCF au niveau de la voie ferrée Aix-Rognac pour créer parallèlement aux rails une voie dédiée au BHNS, ainsi qu’une piste cyclable, sur une distance de 8 kilomètres (voir le schéma ci-dessous).

Crédit : Métropole Aix-Marseille Provence

Un coût de 75 millions d’euros

La Ville d’Aix avait proposé l’examen de ce projet en amont de la première réunion du GIP transports, fin septembre. En effet, dans un courrier en date de juillet 2022 adressé au préfet, Sophie Joissains évoque « la nécessité de commencer rapidement les études pré-opérationnelles pour que le délai estimatif de cinq ans soit tenu. »

Le projet aurait finalement été écarté, en raison notamment d’un besoin « d’études complémentaires » du côté de la SNCF, relate Sophie Joissains. L’autre raison invoquée serait le coût du projet, bien plus élevé que l’extension du BHNS initialement prévue : 75 millions d’euros pour cinq ans de travaux, contre 17 millions pour le projet du Val Saint-André. Le maire d’Aix tient toutefois à souligner que « les entreprises aixoises reversent près de 200 millions d’euros d’impôts (sous la forme du reversement mobilité, ndlr) à la Métropole Aix-Marseille Provence. De plus il s’agit du projet le moins onéreux du PDU. » L’élue aixoise évoque en outre la possibilité de faire appel à des financements européens « compte tenu de la dimension écologique de ce projet. »

Document source : la déclaration commune du monde économique et de la Ville d’Aix pour un BHNS vers la Duranne et les Milles

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