Thierry Burlot, président du comité de bassin Loire-Bretagne en visite à Vierzon

Sdage. Un acronyme de cinq lettres pour un titre alambiqué : schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux. Pour faire clair, il s’agit d’un document de plus de 400 pages qui fixe les grandes orientations pour gérer les ressources en eau d’un bassin particulier.
Hier, à Vierzon, une rencontre était organisée au centre de congrès par l’Agence de l’eau Loire-Bretagne. C’est cet établissement public sous la tutelle du ministère de la Transition écologique qui chapeaute l’élaboration du Sdage. Il existe six agences pour les six bassins hydrographiques de la France métropolitaine. Financées par des redevances, elles fournissent un soutien technique et financier aux collectivités, acteurs économiques et agricoles. Le département du Cher dépend de l’Agence Loire-Bretagne.

Sensibiliser la population

Le but de cette rencontre vierzonnaise était de réunir les acteurs de l’eau (collectivités, associations, syndicats) pour les inciter à communiquer et à informer le grand public autour du Sdage. Thierry Burlot, Breton (et fier de l’être) est le président du comité de bassin Loire-Bretagne.
Surnommé « le parlement de l’eau », c’est ce comité qui rédige le Sdage. Il est composé d’environ 190 personnes : des élus, des représentants agricoles, des industriels et des associations de protection de la nature. « L’eau n’est plus inépuisable. Nous l’avons expérimenté cet été. Et si elle est dégradée aujourd’hui, c’est la faute de l’humain », s’inquiète le président du comité.

Thierry Burlot a été vice-président de la région Bretagne de 2008 à 2021. Photo Chloé Plisson
 

En avril dernier, un nouveau Sdage est entré en vigueur pour la période 2022-2027. Son principal objectif : avoir 61 % des eaux en bon état (avec un écosystème du milieu aquatique en bon fonctionnement). Un budget de 3,6 milliards d’euros est prévu et 10.704 actions seront menées tout au long de cette période. Depuis 2018, l’Agence de l’eau a adopté un plan d’adaptation au changement climatique. « Il va falloir qu’on le revoit après les épisodes de cet été. Cela va plus vite qu’on ne l’avait imaginé », constate Thierry Burlot.

« Guerre de l’eau »

Malgré cette urgence écologique, il assure que les discussions pour constituer le Sdage ont été animées : « Chacun défend ses intérêts : les industriels, les agriculteurs… Si on ne trouve pas des compromis, on se dirige vers des conflits, y compris entre régions. » Le président du comité parle même d’une « guerre de l’eau ».

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Le Cher « n’est pas le secteur le plus en difficulté », assure l’élu. Le département a touché plus de 7 millions d’euros au premier semestre 2022 pour 48 projets comme une nouvelle station d’épuration à Saint-Amand-Montrond ou le recrutement d’un animateur pour la communauté d’agglomération de Bourges (lire notre édition du 22 juillet). « Ce sont les territoires ruraux qui produisent de l’eau. C’est là qu’il va falloir faire le plus d’efforts, explique Thierry Burlot. La solidarité est essentielle : entre l’amont et l’aval et entre la ville et la campagne. »
Le tout est de se poser les bonnes questions : Comment va-t-on prioriser les usages?? Comment va-t-on rendre plus sobre nos consommations?? « C’est un défi considérable qu’il faut relever ensemble. »

 

Chloé Plisson

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