« The Midnight Club », sur Netflix : Brightcliffe, un hospice inhospitalier

« The Midnight Club », de Mike Flanagan.

NETFLIX – À LA DEMANDE – MINISÉRIE

Ce n’est plus du scénario, mais du travail à la chaîne. Un an tout juste après Sermons de minuit, la mise en ligne de The Midnight Club témoigne de la productivité toute balzacienne du showrunneur américain Mike Flanagan, ici associé à sa coscénariste de Bly Manor (2020), Leah Fong. Quatre ans après la très réussie minisérie The Haunting of Hill House, sa première collaboration avec Netflix, Flanagan continue d’entremêler les codes de l’horreur et du mélodrame, mais s’adresse cette fois-ci à un public un peu plus jeune.

The Midnight Club s’inspire vaguement d’un roman pour adolescents signé Christopher Pike, sorti en 1994. Dans une maison ancienne au passé chargé, un groupe de jeunes malades en phase terminale conjure la peur de mourir en convoquant, chaque soir autour de minuit, une sorte de cercle des poètes disparus. Au menu de ces réunions clandestines, un peu d’alcool, parfois des tisanes aux vertus mystérieuses et surtout des histoires de fantômes, de tueurs en série et d’esprits maléfiques.

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Brillante étudiante fauchée par un cancer de la thyroïde, Ilonka (Iman Benson) est la dernière arrivée à l’institut Brightcliffe. Après avoir découvert le cas de Julia Jayne, une malade admise dans les années 1960 qui finit par ressortir vivante de Brightcliffe, et complètement guérie du même cancer qu’elle, la jeune fille espère secrètement trouver au sein de l’institut la clé de la guérison.

Les premiers épisodes de la série sont plutôt une bonne surprise : Mike Flanagan semble s’être défait d’une forme de solennité et de cet esprit de sérieux qui plombait Les Sermons de minuit, pour renouer avec l’ambition simple et louable de donner les chocottes. La série a pourtant du mal à se départir de son formatage, et la réalisation ne s’épargne aucun jumpscare. C’est dommage car le début de la saison joue avec un sous-texte intéressant sur la meilleure façon de raconter des histoires d’horreur.

Péripétie attendue

Mais au fil des épisodes, ce sous-texte évolue pour laisser place aux thèmes récurrents de l’œuvre du showrunneur – la communication entre le passé et le présent, entre les morts et les vivants, l’amour comme seul gage d’éternité. S’y ajoute ici un touchant examen du pouvoir consolateur, à défaut de guérir, de la parole et des histoires.

The Midnight Club aurait parfaitement pu s’en tenir au récit de gamins faisant face à la mort avec leurs mots, leur imagination et les sentiments qu’ils nourrissent les uns pour les autres. La série croule au contraire sous les intentions et, pour tout faire tenir en dix épisodes, elle recourt souvent à des procédés simplistes et fastidieux. C’est ainsi qu’en quelques minutes à peine, les jeunes malades de Brightcliffe découvrent le sous-sol secret dans lequel se tenaient les réunions du « club de minuit » lorsqu’il fut créé.

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