TechnoCarbon® une révolution dans le secteur des matériaux

Plus résistant à la compression, à la flexion et aux dommages causés par la chaleur, il est totalement et facilement réutilisable ou recyclable en fin de vie. TechnoCarbon® prépare aujourd’hui son industrialisation, dans le but, selon son dirigeant Stephan Savarese, « de produire en France des matériaux décarbonés, avec une énergie décarbonée ».

Conçu et produit par la société TechnoCarbon®, CarbonFibreStone® (CFS®) est un matériau composite quasiment neutre en carbone, une solution viable et écologique aux gaz à effet de serre émis par les matériaux traditionnels lors de leur fabrication, en particulier ceux utilisés dans la construction. Fabriqué à partir de pierres granitiques ou basaltiques (qu’on trouve en abondance) et de fibre de carbone, il affiche des performances exceptionnelles : cinq fois plus durable et résilient que l’acier et le béton, quatre fois plus résistant à l’effort (à la traction et à la compression) que l’aluminium et le béton, trois fois plus léger que l’acier, deux fois moins énergivore que les matériaux traditionnels. Il est particulièrement adapté aux produits épais, comme les poutres, murs, plaques et autres éléments de construction, mais aussi aux équipements et à certains biens de consommation. Après avoir rencontré l’inventeur de cet alliage lors de la COP23 à Bonn, Stephan Savarese, le fondateur de la startup, a rendu sa fabrication neutre en carbone par des modifications successives du procédé. « Le CFS® est un alliage pierre-fibre de carbone de type sandwich stratifié, multicouche, ce qui permet de préserver les quantités colossales d’énergie stockées naturellement dans la roche dure, cristalline ou amorphe », explique Stephan Savarese, qui cible les secteurs du BTP, de l’énergie, du maritime, de l’aéronautique et du spatial. « Leurs besoins sont très forts, et cela nous permet d’aborder le marché par le haut de gamme, avec une trajectoire de démocratisation et de généralisation de la technologie. Face aux enjeux de la RE2020, l’adoption de notre technologie au niveau national pourrait réduire les émissions de CO2 d’un million de tonnes par an d’ici 2030 grâce à l’utilisation du CFS®. »

Stephan Savarese, fondateur et président de TechnoCarbon®
Stephan Savarese, fondateur et président de TechnoCarbon®

Car le CFS® est porté par le contexte de la transition écologique et son potentiel est immense, spécialement en France et dans le secteur du BTP, depuis l’entrée en vigueur du décret tertiaire (obligations concernant les bâtiments à usage tertiaire) et de la Réglementation Environnementale 2020 (concernant les constructions neuves sur tout leur cycle de vie). Ces deux textes visent à limiter considérablement les émissions carbone d’un secteur responsable à lui seul en France de 43 % de la consommation d’énergie et de près de 25 % des émissions de gaz à effet de serre. « Cela revient à dire qu’il faudra se passer complètement des matériaux de construction les plus carbonés d’ici 2031, et donc industrialiser des solutions qui permettent de remplacer le béton et l’acier qui à eux seuls, représentent ensemble environ 16 % des émissions globales de gaz à effet de serre dans le monde. » La généralisation du CarbonFibreStone® pourrait ainsi réduire de 4 % (au minimum) les émissions de CO2 mondiales. « Sur la base d’un calcul réalisé en 2021 avec l’aide de Cleantech Open et de Clean Energy Ventures, qui ont mis au point un calculateur simple de réduction de gaz à effet de serre, on avait estimé qu’on pouvait passer à l’échelle du milliard de tonnes de CO2 économisées par an avant 2040 et de 21 milliards de tonnes de CO2 d’ici 2050, hypothèse basse. » Et ce, d’autant plus aisément que l’entreprise va généraliser dans un second temps l’usage d’une fibre de carbone biosourcée, neutre voire négative en termes d’émissions de GES.

Pour atteindre ces objectifs ambitieux, TechnoCarbon doit franchir des seuils, dont celui de l’industrialisation. Elle vient de réunir 800 000 € en crowdfunding pour financer ses travaux de recherche industrielle afin d’aboutir à la production en série, en levant plusieurs millions d’euros en 2023-2024 pour bâtir sa première usine et réaliser ses premiers chantiers, comme des centrales photovoltaïques dont les émissions intrinsèques seront nulles voire négatives, « ce qui serait une première mondiale », indique Stephan Savarese, qui ajoute : « Nous nous inscrivons dans la stratégie France 2030, de développement des technologies décarbonées. Les fonds levés nous permettent d’atteindre la marche nécessaire pour déposer des dossiers de financement auprès d’acteurs privés et publics, du gouvernement et de l’Europe. » La startup a déjà bénéficié de subventions, dont une bourse Paris Innovation Amorçage obtenue en 2019 via l’incubateur Paris&Co Urban Lab et Bpifrance, ou d’autres obtenues en 2020 via des accélérateurs à Lausanne (MassChallenge Suisse) et Abou Dabi (Gothams-HUB71 – EAU). « Comme toutes les startups technologiques, nous arrivons à ce point crucial où nous avons prouvé notre technologie, et où nos besoins de financement passent de quelques centaines de milliers d’euros à plusieurs millions. Nous avons aussi besoin de la reconnaissance d’organismes tiers, car nos affirmations sont très disruptives. A ce titre, l’appui de l’État et des écosystèmes Deeptech et Frenchfab de Bpifrance nous permet d’être reconnu comme une entreprise innovante et industrielle. » TechnoCarbon® bénéficie déjà du soutien de l’ESA et du groupe Airbus, pour lequel elle a installé un démonstrateur l’été dernier à Munich (Allemagne), dans le cadre du projet SOLARIS. « Cela a prouvé que Technocarbon® est non seulement une startup de la construction durable, mais aussi innovante dans des secteurs de pointe (Deeptech) comme l’espace et l’énergie. C’est une marque de reconnaissance importante, qui rassure sur notre potentiel et conforte clients et investisseurs dans la certitude que lorsqu’elle sera certifiée, ce qui deviendra possible lorsque nous aurons un processus industriel, cette technologie tiendra toutes ses promesses. »

Comme plus de 650 autres entrepreneurs Stephan fait partie de la communauté Les Deeptech, qui a pour ambition de rassembler l’ensemble des startups deeptech françaises afin de faciliter les échanges et le networking, d’accroitre leur notoriété, et stimuler leur développement. Pour les rejoindre, inscrivez-vous par ici.