SynPet Technologies choisit la Belgique pour devenir le pionnier d’une révolution verte mondiale

SynPet Technologies apporte un espoir écologique et économique à notre problème de déchets plastiques. Aujourd’hui, seule une infime partie est recyclée dans le monde entier ; tout le reste est incinéré, enfoui ou abandonné dans certains pays, car il n’existe pas encore de solution fiable pour recycler les déchets plastiques mélangés.

L’innovation de SynPet Technologies s’inspire de la nature : les hydrocarbures ont été créés par la décomposition des plantes et des animaux sur des millions d’années, dans des conditions spécifiques d’humidité, de pression et de température.

Le procédé développé par Synpet Technologies décompose les plastiques et autres types de déchets pour former des hydrocarbures purs en utilisant l’eau comme réactif, à une pression et une température spécifiques dans un environnement humide. À l’issue du processus, quatre produits sont obtenus :

> le pétrole renouvelable (naphta) qui peut remplacer le naphta de pétrole pour produire de nouveaux plastiques et créer une véritable économie circulaire,

> le gaz naturel à fort pouvoir calorifique utilisable pour l’énergie thermique et électrique,

> le biochar qui peut être utilisé comme engrais en agriculture ou comme matière première, par exemple dans les fours à ciment pour remplacer le charbon et réduire les émissions générales de CO2,

> et un engrais organique liquide si la technologie est appliquée sur des matériaux contenant de l’azote, du phosphore, etc., présents dans les déchets ménagers et les boues d’épuration municipales.

« Dans l’ensemble, le plus grand défi dans le recyclage du plastique est le coût du tri et du nettoyage de différents types de plastique avec, malgré tout, une quantité résiduelle de plastiques contaminés ou non recyclables, qui repartent aujourd’hui vers l’incinérateur ou la décharge. SynPet Technologies pourrait changer la donne et permettre un recyclage massif à 100 % de tous les types de plastique », affirme Cem Özsüer, CEO de SynPet Technologies.

SynPet Technologies est née de plusieurs rencontres et d’une volonté commune de travailler pour la planète. Le concept, imaginé à l’origine par un chercheur américain, consistait à transformer les déchets animaux en diesel renouvelable. Le projet a conduit à la production du premier diesel renouvelable certifié aux États-Unis, mais il a tourné court lorsque son unique fournisseur d’intrants (un abattoir) a fermé. Heureusement, la technologie développée avait attiré l’attention de Cem Özsüer.

Cet ingénieur civil et environnemental, membre de la troisième génération dans l’entreprise familiale en Turquie, a fondé SynPet Technologies en 2014 pour développer un procédé de recyclage des déchets non triés contenant du carbone en produits utiles. Après le succès des essais en laboratoire et des activités dans l’usine de démonstration, en cours depuis janvier 2016, la prochaine étape consistait à passer à l’échelle industrielle.


Une nouvelle économie circulaire compétitive pour le pétrole

Châssis en PVC, plexiglas, polystyrène, ABS et plastiques multicouches, les plastiques jugés impossibles à recycler pourraient enfin contribuer à l’économie circulaire. Il s’agit d’une avancée environnementale majeure à laquelle l’industrie pétrochimique pourrait contribuer et dont elle pourrait bénéficier.

Contrairement à d’autres procédés comme la pyrolyse ou la gazéification, le procédé « TCP » de SynPet Technologies est en effet extrêmement performant et il présente le grand avantage concurrentiel de ne pas nécessiter de tri, de séchage ou de prétraitement des déchets en amont, contrairement à d’autres procédés (pyrolyse, gazéification). Il est également insensible à l’eau, qui représente un coût énergétique majeur pour d’autres technologies.

Tous les déchets, quelle que soit leur qualité, sont éligibles. Tant qu’ils contiennent du carbone, le procédé est capable de les traiter. Par conséquent, les matières recyclées ne devraient pas s’assortir de coûts de production supplémentaires par rapport aux matières premières non recyclées. Par exemple, le naphta circulaire produit à partir de déchets plastiques mélangés pourrait être commercialisé au même prix que le naphta de pétrole. Par ailleurs, des études réalisées sur l’empreinte carbone montrent que chaque tonne de plastique traitée par SynPet Technologies permet d’éliminer près de 2 tonnes d’émissions de CO2. Cela s’explique par le fait que les matières premières visées par SynPet sont des plastiques sales non recyclables, qui auraient été envoyés à l’incinérateur, ainsi que par le fait que, par circularité, les plastiques produits à partir du naphta circulaire de SynPet empêchent l’extraction et le raffinage du nouveau pétrole brut.

Des arguments forts qui pourraient accélérer l’adoption du recyclage des plastiques à grande échelle et réduire l’empreinte carbone des futurs clients.


Cleantech veut construire sa première unité industrielle en Belgique

Une unité de production de démonstration de 15 tonnes est opérationnelle depuis 2016 près d’Istanbul en Turquie. Elle a été testée et validée par le bureau de certification allemand TÜV-SUD et diverses entreprises pétrochimiques. Aujourd’hui, l’entreprise est prête à passer à l’échelle industrielle, en Belgique.

« Nous sommes convaincus que la Belgique est le lieu idéal pour mettre en valeur notre innovation », déclare Cem Özsüer. « Le pays possède une infrastructure industrielle et un savoir-faire complets. Il est proche des grands centres pétroliers et des grands pays européens voisins avec de grandes quantités de production de déchets. C’est véritablement le centre de l’Europe. Des représentants de tous les pays sont susceptibles de se rendre sur place. Pouvoir leur proposer une visite dans notre première unité industrielle serait très avantageux. »

La première usine commerciale devrait être construite à Genk, avec une capacité estimée de 180 000 tonnes de déchets plastiques mélangés par an. SynPet vise à acquérir et à transformer des plastiques qui, autrement, finiraient dans des incinérateurs ou des décharges. Cela donne à l’entreprise un grand avantage sur les autres. Sa capacité à traiter les plastiques sales, tels que les résidus de broyage de voitures, permettra à SynPet de conserver une longueur d’avance sur la concurrence lorsqu’il s’agira d’obtenir des matières premières.

Avec l’engagement à long terme des fournisseurs de matières premières, principalement des recycleurs mécaniques, et des entreprises pétrochimiques qui achèteront le naphta circulaire, SynPet possède également un projet commercial très solide.

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ne solution également pour les pays émergents

Dans les pays où il y a peu d’incinérateurs et aucun tri sélectif, le procédé de SynPet Technologies pourrait les remplacer en utilisant comme matière première les déchets ménagers, qui contiennent inévitablement une grande quantité de carbone.