retour sur 10 chiffres clés de la saga culte

James Bond occupe une place primordiale dans septième-art, au point que l’on en oublierait presque que l’agent le plus célèbre des services britanniques est né de l’imagination de l’écrivain – et ancien espion – Ian Fleming. Après avoir servi en tant qu’officier des renseignements navals durant la Seconde Guerre mondiale, il décide de se lancer dans l’écriture de romans d’espionnage. C’est d’ailleurs sa rencontre avec l’agent double (britannique et serbe), Dusan Popov, qui inspire véritablement Ian Fleming et définit les premières ébauches de 007. En 1953, sort ainsi Casino Royale, le premier roman d’une longue collection, pérennisée par différents auteurs après la mort de Fleming en 1964. 

70 ans après la parution du premier tome, l’agent secret du MI-6 est toujours aussi populaire. Il a traversé les décennies, s’offrant depuis 1963 des franchises régulièrement renouvelées sur les grands écrans de cinéma. Aujourd’hui, cela fait 60 ans que l’espion a débarqué dans les salles obscures françaises avec James Bond 007 contre Docteur No (le 27 janvier 1963). L’occasion pour L’Éclaireur de revenir sur la longévité exceptionnelle de James Bond, en quelques chiffres.

64 adaptations littéraires

Difficile de parler de la saga cinématographique James Bond sans évoquer ses origines et ses nombreuses adaptations littéraires. Entre 1953 et ce jusqu’à sa mort en 1964, Ian Fleming a écrit douze romans centrés sur l’agent secret, ainsi que deux recueils de nouvelles. Parmi eux, on retrouve notamment Casino Royale (1953), Vivre ou laisser mourir (1954), Goldfinger (1959), ou encore L’Homme au pistolet d’or, publié en 1965 à titre posthume. 

Ian Fleming a inauguré la saga littéraire, James Bond. ©The Cecil Beaton Studio Archive at Sotheby’s

Après la disparition de Fleming, un certain nombre d’auteurs ont choisi de prolonger son travail, à travers des romans de continuation, des novélisations inspirées par certains films de la saga, ou bien des nouvelles originales. Kingsgley Amis fut le premier à reprendre la franchise littéraire avec Colonel Sun (1968), suivi dans les années 1970 par le romancier et scénariste Christopher Wood.

Plus tard, à partir de 1981, Ian Fleming Publications demande à John Gardner de rédiger une nouvelle série de livres. Il en écrira 14, ainsi que deux novélisations, avant d’être remplacé par Raymond Benson à qui l’on doit, entre 1996 et 2002, 12 publications distinctes sur 007. De son côté, Sebastian Faulks écrira un nouveau roman, intitulé Le Diable l’emporte, pour le 100e anniversaire de la naissance de Ian Fleming. Depuis, Jeffrey Deaver, William Boyd et Anthony Horowitz ont participé à la cette vaste saga littéraire, dont le dernier tome, With the Mind to Kill, a été publié en 2022. 

25 films

Cette épopée littéraire sert aujourd’hui d’inspiration et de support à une saga cinématographique vieille, donc, de 60 ans. Inaugurée en 1963 avec James Bond contre Docteur No, la franchise compte aujourd’hui 25 films. Si le long-métrage réalisé par Terence Young se basait sur le roman éponyme, son dernier volet, Mourir peut attendre (2021) était quant à lui issu d’une histoire originale. 

James Bond contre Docteur No est le premier long-métrage de la saga cinématographique. ©EON Productions

Le premier opus de la franchise a connu un succès retentissant au moment de sa sortie, encourageant les studios EON Productions, détenteurs des droits littéraires, à pérenniser la saga sur grand écran. Les premières adaptations, Goldfinger (1964), Opération Tonnerre (1965), ou encore Les Diamants sont éternels (1971) permettent d’imposer James Bond comme une figure majeure du cinéma. Toutefois, l’âge d’or des années 1960 laisse place, dans les années 1970, au kitsch d’une décennie durant laquelle les scénarios se rapprochent de la science-fiction, en témoigne l’hallucinant Moonraker (1979) sur… la conquête spatiale.

Les années 1980-1990 continuent d’assoir cette image ringarde, mais ô combien jouissive. On peut ainsi citer Octopussy (1983), Dangereusement vôtre (1985), Goldeneye (1995), ou encore Meurs un autre jour (2002). Dans ces films, James Bond est souvent en conflit avec des ennemis d’origine russe, Guerre froide oblige, bien que dans les derniers films emmenés par Pierce Brosnan, les scénaristes se soient éloignés au fur et à mesure de la dualité entre le bloc de l’Est et celui de l’Ouest. De son côté, la saga portée par Daniel Craig s’attelle à renouveler la figure de ce héros des temps modernes, dressant un portrait sombre et torturé, une première pour la saga d’espionnage. 

6 interprètes

En 60 ans de carrière, James Bond a changé plusieurs fois de visages. Sean Connery représente encore aujourd’hui, malgré les performances plus contemporaines de Pierce Brosnan et de Daniel Craig, l’interprète phare de 007. Son charme lui a permis d’imposer l’agent secret de façon pérenne dans la culture populaire, à travers cinq films entre 1962 et 1967. 

Pierce Brosnan est le cinquième interprète de James Bond. ©United International Pictures (UIP)

Si l’acteur écossais rempile en 1971 dans le costume taillé sur mesure pour Les Diamants sont éternels – George Lazenby ayant assuré l’intendance le temps d’un long-métrage (Au service de Sa Majesté) en 1969 –, Sean Connery cède finalement le rôle à l’indétrônable Roger Moore de 1973 à 1985. C’est l’acteur qui a le plus incarné James Bond dans la franchise officielle. Brièvement, entre 1987 et 1989, Timothy Dalton incarne 007, avant d’être remplacé par Pierce Brosnan, de 1995 à 2002, pour quatre films. Daniel Craig est le dernier comédien en date à avoir prêté ses traits à l’espion, entre 2006 et 2021. 

007

Ce matricule sert d’identité secrète à James Bond lorsqu’il est en mission. Si l’on pourrait penser qu’il s’agit d’un nom de code aléatoire des services secrets britanniques, il faut en réalité savoir que le premier zéro signifie qu’il a l’autorisation de tuer, le second qu’il l’a « déjà » fait et le 7 qu’il est le septième agent à recevoir cette autorisation.

77 James Bond Girls

Léa Seydoux dans Spectre. ©Sony Pictures Releasing GmbH

Qu’elles l’assistent durant sa mission ou qu’elles le trahissent, les James Bond Girls sont indissociables de l’univers de l’espion anglais. D’Ursula Andress à Halle Berry, en passant par Michelle Yeoh et Kim Basinger, on dénombre au total 77 alter-ego féminins. Parmi elles, neuf françaises ont incarné ce rôle culte : Claudine Auger (Opération Tonnerre), Carole Bouquet (Rien que pour vos yeux, 1981), Sophie Marceau (Le Monde ne suffit pas, 1999), Eva Green (Casino Royale, 2006), Bérénice Marlohe (Skyfall, 2012), Monica Belluci et Léa Seydoux (Spectre, 2015).

193 gadgets

Alors non, pour établir ce total, on ne s’est pas refait les 25 films de la saga. Sur ce point, on a pu compter sur la chaîne YouTube Burger Fiction, qui a recensé de James Bond contre Dr No à Spectre, 193 gadgets utilisés par l’agent tout au long de ses missions. Du jet pack dans Opération Tonnerre au bateau à réaction dans Le Monde ne suffit pas, en passant par le vaisseau crocodile dans Octopussy, Q a mis au point pléthore d’accessoires nécessaires à la réussite de l’espion. 

James Bond et Q dans Spectre. ©Sony Pictures Releasing GmbH

Ajoutez à cela les derniers gadgets utilisés par Daniel Craig dans Mourir peut attendre (2021), notamment sa célèbre Aston Martin mitraillette, et la liste pourrait facilement chatouiller les 200 accessoires de combat. 

14,4 milliards d’euros

James Bond est, depuis les années 1960, l’une des sagas les plus populaires en France. D’après le spécialiste Guillaume Evin, auteur de James Bond L’encyclopédie 007 (2015), la franchise a rapporté 16,7 milliards de dollarsn soit 14,4 milliards d’euros de recettes cumulées depuis le premier épisode de la saga. Un chiffre qui permet à la franchise d’espionnage de dépasser la saga de George Lucas, Star Wars, mais aussi celle du sorcier à la cicatrice, Harry Potter

250 millions de dollars

Bande-annonce VF de Mourir peut Attendre.

250 millions de dollars, c’est le budget alloué à Mourir peut attendre, le dernier chapitre de la saga James Bond. Réalisé par Cary Joji Fukunaga, le film a signé un record en termes de coût de production. Le studio MGM aurait, selon le Hollywood Reporter, engagé 5 millions de plus que sur le précédent volet, Spectre, ancien recordman de la franchise. 

1 milliard de dollars au box-office

Si Mourir peut attendre est le film le plus coûteux, Skyfall arrive en première place en termes de recettes. Le long-métrage réalisé par Sam Mendes a dépassé la barre du milliard de dollars en 2012.

5 Oscars

En 60 ans d’existence, la franchise James Bond a récolté cinq Oscars. Dès 1965, grâce à Goldfinger, la saga remporte sa première statuette, celle du meilleur montage son. L’année suivante, John Stears repart avec l’Oscar des meilleurs effets visuels pour Opération Tonnerre. Il faudra cependant attendre 46 ans pour que la franchise gagne à nouveau plusieurs statuettes dorées.

Bande-originale de Skyfall interprétée par Adèle.

En 2012, l’Oscar du meilleur montage sonore revient à Per Hallberg et Karen Baker Landers, tandis que la chanteuse pop Adele sort victorieuse de la cérémonie avec l’Oscar de la meilleure chanson originale pour Skyfall. Quelques années plus tard, en 2016, Sam Smith réalise le doublé pour la franchise en remportant le même prix pour le film Spectre.

La relève en quelques chiffres

Daniel Craig a tiré sa révérence en 2021 dans Mourir peut attendre. Toutefois, bien que l’acteur britannique ait raccroché le costume taillé sur mesure de l’agent, cela ne signifie pas pour autant que la relève ne sera pas assurée. Les producteurs de la saga, Barbara Broccoli et Michael G. Wilson, sont actuellement à la recherche de leur prochaine recrue. Tom Hardy, Idris Elba, Cillian Murphy, Henry Cavill, Régé Jean-Page, Aaron Taylor-Johnson… La liste est longue et, pour le moment, on ignore qui sera le prochain 007. 

Ce qui est certain, en revanche, c’est que le futur interprète de l’agent le plus célèbre du cinéma devrait signer un contrat de 12 ans comprenant quatre films, alors que le premier volet de cette nouvelle franchise ne devrait pas débarquer sur les écrans de cinéma avant 2025. 

Un petit total pour finir…

Timothy Dalton dans la peau de James Bond. ©Keith Hamshere/Getty Images

4 662, c’est le nombre total de balles auxquelles à échappé James Bond depuis le début de ses missions. Toutefois, l’espion de Sa Majesté a la gâchette facile, puisqu’il aurait tué 387 méchant·e·s au cours de ses aventures. Un score impressionnant quand on sait le nombre de verres de vodka martini qu’il s’enfile pendant chaque film. Il faut compter en moyenne dix verres par long-métrage. Si Timothy Dalton se limitait à cinq verres, c’est Daniel Craig qui aurait la plus grosse consommation avec 20 cocktails par film. 

On pourrait continuer d’énumérer les chiffres clés de James Bond à l’infini tant cette saga culte et son personnage emblématique ont marqué le cinéma. Soixante ans après sa première apparition sur grand écran, l’espion du MI-6 est toujours aussi populaire et, selon nous, il n’a pas fini de battre des records.