Rencontres Océanes à Douarnenez : Bernard Menez surfe sur la Nouvelle Vague – Douarnenez



Avant le cinéma, vous étiez dans les colonies de vacances et l’enseignement…

De mes 15 à mes 25 ans, j’ai animé puis dirigé des colonies de vacances pour les enfants de la Courneuve (93). Je les ai beaucoup emmenés à Audierne, Concarneau et Pont-l’Abbé. Grâce à cette expérience, à la sortie de mon service militaire, on m’a pris sur dossier pour enseigner. J’ai été, pendant trois ans, professeur de maths et de physique-chimie mais je voulais absolument faire du théâtre, je passais mon temps libre à ça. Ce n’était plus compatible de faire les deux à la fois.

Vous décidez alors de partir au Canada… avant de croiser Jacques Rozier.

En 1969, alors que je me prépare à partir au Canada pour tout recommencer et faire du théâtre, Jacques Rozier veut me prendre pour jouer dans son film « Du côté d‘Orouët » (1973). Il m’a fait revenir trois fois, dont la veille de mon départ, alors que mes billets étaient réservés ! Je partais le lundi matin, on s’est vu le dimanche soir et il m’a dit, les yeux dans les yeux : « Faut pas partir ». J’ai annulé mon voyage et rejoint le tournage huit jours plus tard. C’était mon premier film.

Je regrette un peu de ne pas avoir eu, comme Bourvil, des rôles dramatiques

De quoi parle « Maine Ocean » ?

C’est l’histoire de deux contrôleurs SNCF (NDLR : Bernard Menez joue l’un d’eux) dans un train qu’on appelait à l’époque « Maine Ocean », car il reliait plus rapidement Paris à Nantes. Alors qu’ils contrôlent Dejanira (Rosa-Maria Gomes), une danseuse brésilienne en infraction, une avocate (Lydia Feld, épouse de Jacques Rozier) et un marin-pêcheur (Yves Afonso) prennent sa défense. Tout ce beau monde se lie d’amitié en passant quelques jours sur l’île d’Yeu (Vendée), avant de devoir se séparer. Sur les 60 films que j’ai faits, c’est celui que je préfère.

Comment Jacques Rozier a-t-il eu l’idée de faire ce film ?

Durant l’été 1985, j’ai écumé les plages bretonnes avec la tournée du Podium Europe 1, à l’époque où ma chanson « Jolie poupée » était n° 1 du top 50. En me rejoignant pour filmer les concerts, Jacques Rozier s’est intéressé à une école de samba qui clôturait le spectacle. Il a repéré l’une des danseuses, Rosa-Maria Gomes, et lui a proposé de jouer le rôle de Dejanira. Le réalisateur Paulo Branco, que Jacques Rozier connaissait bien, a accepté de produire le film et lui a donné carte blanche pour le scénario.

Vous colle-t-on souvent l’étiquette de l’acteur qui a joué dans des « nanars franchouillards » ?

« Pleure pas la bouche pleine », « L’amour dure trois ans », « La nuit américaine »… Je suis loin d’avoir fait des films « franchouillards » ! J’ai travaillé avec des piliers de la Nouvelle Vague comme Jacques Rozier et François Truffaut, mais j’ai aussi eu des rôles plus humoristiques (« L’avare », « Les 4 charlots mousquetaires ») qui m’ont catalogué comme « fantaisiste ». Je regrette un peu de ne pas avoir eu, comme Bourvil, des rôles dramatiques.

Pratique

Projection du film « Maine Ocean », samedi 24 septembre, à 20 h 30, au Cinéma La Balise, 39, rue Louis-Pasteur, à Douarnenez. Plein tarif 8,50 €, tarif réduit 6,50 €. Site officiel de Bernard Menez : www.bernardmenez.fr

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