Quand la « govtech » simplifie les démarches administratives

Depuis quelques années, en lien avec la crise sanitaire, les démarches administratives se dématérialisent de plus en plus. Regroupées sous le terme des « govtech », les technologies dédiées au service public représentent un véritable outil de modernisation et de simplification. Fini l’attente aux guichets, désormais les démarches se retrouvent en ligne, en quelques minutes seulement.

Si 200 milliards d’euros, soit 8 % du PIB français, sont dépensés chaque année par les acteurs publics auprès d’entreprises privées, le marché de la vente de produits et services technologiques au secteur public reste très majoritairement occupé par les acteurs en place et les grands fournisseurs informatiques historiques. Néanmoins, les jeunes pousses innovantes y sont de plus en plus présentes : le marché de la govtech en France est estimé à 17 milliards d’euros et pourrait représenter jusqu’à 20 milliards d’euros en 2024, faisant de la France le plus gros marché de la govtech en Europe, selon une étude réalisée par Public avec Roland Berger.

La pandémie de Covid-19 a isolé beaucoup de gens chez eux et a perturbé le fonctionnement normal des États, partout dans le monde. Cette crise a souligné l’urgence de se doter, à l’aide des technologies les plus récentes, d’une administration publique simple, efficace et transparente, qui privilégie les besoins des citoyens. Doctolib, OpenClassrooms, CityScoot, RoomBâ en sont quelques exemples. Que ce soit dans le domaine de la santé, de l’éducation, de la mobilité ou du patrimoine, toutes ont en commun d’avoir imaginé des solutions utiles aux citoyens et à l’administration.

Un marché potentiel significatif

Le contexte macroéconomique français ainsi que les politiques volontaristes de l’État en matière d’innovation présagent d’un marché dynamique pour les années à venir, avec une croissance annuelle de l’ordre de 2 à 4 %. Le marché potentiel des govtech pourrait ainsi atteindre 20 milliards à horizon 2024. Huit verticales ont été analysées, couvrant 90 % du marché potentiel (soit 14 milliards d’euros) : éducation, ville intelligente, mobilité, santé, sécurité, civic tech, défense, ressources humaines. Sur ces verticales, les perspectives de croissance sont favorables : il s’agit de secteurs qui suscitent l’intérêt des pouvoirs publics et s’ouvrent lentement mais progressivement aux start-up pour gagner en agilité et en rapidité.

Le développement des govtech est directement corrélé à la maturité des acteurs publics à contractualiser avec les start-up. Si les investisseurs sont prêts à financer la montée en puissance de ces entreprises, seul l’appui des acteurs publics, clients des govtech, générera une croissance pérenne et véritable grâce à une structuration du marché.

Dématérialiser les démarches administratives

Grâce aux govtech, il est possible de réaliser la plupart de ses démarches depuis n’importe quel lieu, en se rendant sur les sites web des administrations concernées. À condition, bien sûr, d’avoir un ordinateur et une connexion internet. La dématérialisation d’un extrait d’acte de naissance est un bon exemple de cette simplification administrative. Plusieurs situations particulières peuvent nécessiter un extrait d’acte de naissance. C’est le cas pour un mariage, un divorce, une première demande de carte d’identité, une demande de naturalisation française, l’obtention d’un livret de famille ou encore une inscription au registre du commerce.

Auparavant, pour obtenir ce document officiel, il fallait se rendre dans la mairie de son lieu de naissance. Une démarche particulièrement contraignante lorsqu’on habite loin de celui-ci. Désormais, il suffit, pour en faire la demande, de se rendre sur le site dédié et de remplir un formulaire en ligne.

Une multiplication des canaux d’accès

Ce développement du numérique permet une multiplication des canaux d’accès aux services publics. Il est toujours possible de se rendre aux guichets, mais on peut aussi bien effectuer ses démarches en passant par le téléphone, la voie postale et les sites internet des administrations. C’est un gain de temps considérable. D’une part, l’accès numérique désengorge significativement les autres canaux. D’autre part, la démarche en ligne est bien plus rapide que les autres modes de requête administrative.

La numérisation facilite également la mise en place d’un partage de données entre administrations. Pour les utilisateurs, cela simplifie grandement la réalisation des démarches. Seul inconvénient, celles-ci nécessitent de mémoriser un certain nombre d’identifiants et de mots de passe. Le partage de données permet de ne plus avoir à entrer ces informations à chaque connexion sur les sites administratifs. D’autant que certains identifiants sont plus difficiles à retenir que d’autres. C’est le cas notamment du numéro de sécurité sociale ou du numéro fiscal. La création de France Connect découle de cette mutualisation des données. Ce service permet d’utiliser les mêmes identifiant et mot de passe pour accéder à une centaine de services en ligne. Muni de ce trousseau de clés virtuel, on peut faire sa déclaration de revenus, consulter ses droits à la retraite, effectuer des démarches auprès de sa mairie et de l’assurance maladie, vérifier ses points de permis restants ou encore se connecter à son espace personnel Pôle emploi. En plus de simplifier vos démarches, ce dispositif mis en place par l’État est aussi un gage de sécurité et de tranquillité pour tous.

 

<<< A lire également : Le cofondateur d’Airbnb, Joe Gebbia, rejoint le conseil d’administration de Tesla >>>