Proovstation lève 10,4 millions d’euros pour déployer sa solution d’inspection de véhicules d’occasion

Grâce à un algorithme et un scanner, capable de prendre près de 300 photos en quelques secondes, Proovstation peut identifier et localiser l’ensemble des dommages présents sur un véhicule d’occasion. Puis estimer sa valeur. La société, créée il y a quatre ans, a déjà déployé sa technologie chez des professionnels de l’automobile et installe désormais sa technologie sur les parkings des supermarchés.

Elle vient notamment de se rapprocher de Carrefour pour adresser les particuliers, en partenariat avec Michelin, qui diagnostique l’état des pneumatiques. « Grâce à une borne interactive, les particuliers peuvent faire analyser leur véhicule et recevoir, en une quinzaine de minutes, une proposition de rachat ferme », indique Cédric Bernard, le dirigeant de Proovstation. Pour ce faire, la société s’est également liée à l’enchériste BCA Group, spécialisé dans la vente de véhicules d’occasion.

De 5 à 40 stations près des supermarchés d’ici fin 2023

Cinq stations de ce type ont vu le jour sur les parkings des supermarchés. Pour accélérer et devenir « le premier réseau de stations de revente de véhicules d’occasion, expert en intelligence artificielle », Proovstation vient d’annoncer une levée de fonds de 10,4 millions d’euros. Un tour de table mené par la société de gestion Supernova Invest, aux côtés d’Otium Capital, via son fonds Industrial Venture, et de Crédit Agricole Création Centre-Est. « Le premier objectif est de déployer notre réseau au niveau national. Nous espérons compter 35 à 40 stations d’ici la fin de l’année afin que chaque Français puisse accéder à nos services en moins de 30 minutes », souligne Cédric Bernard.

Accélérer aux Etats-Unis, un des plus gros marchés automobiles

Grâce à ces fonds, la société de 50 salariés souhaite également accélérer à l’international. Proovstation a déjà commercialisé 130 stations à des professionnels de l’automobile. Et ce dans 13 pays, répartis sur trois continents différents. « Nous sommes devenus leader européen et nous souhaitons désormais intensifier notre présence aux Etats-Unis, où nous avons déjà quelques clients. Avec l’Europe, le marché automobile américain est le plus gros du monde. Et notre ambition est de devenir un standard international », poursuit le dirigeant. En France, comme à l’international, la société travaille avec des concessionnaires mais également avec des loueurs, comme Sixt par exemple, qui souhaite intégrer des scanners à proximité des aéroports. « Cela permet d’automatiser le « check out » en fin de location. Notre technologie est adaptable à de nombreux cas d’usage », assure Cédric Bernard.

Pour les professionnels, l’enjeu est surtout de gagner du temps. « Jusqu’ici, le processus, majoritairement manuel, subjectif et chronophage pouvait prendre jusqu’à 30 minutes. Notre outil permet d’inspecter un véhicule en 3 secondes, d’avoir une cadence industrielle et de gérer des flux de plusieurs centaines de véhicules par jour », complète le dirigeant.