Projet de résolution de députés : la France doit prendre des sanctions contre le régime des mollahs pour soutenir le peuple iranien. Appel à rassemblement lundi 28 novembre 2022 à 18h près de l’Assemblée nationale

Nous l’avons écrit dès le 28 octobre : la France et l’Union Européenne n’ont pas pris la mesure (ou feint de ne pas le faire) de la révolution actuellement en marche en Iran. Au vu de la répression terrible qui frappe les manifestants et tout le peuple iranien (des compatriotes franco-iraniens sont aussi emprisonnés), le seul fait que deux mois après l’assassinat le 16 septembre 2022 de Mahsa Amini par la police des mœurs le mouvement soit toujours aussi puissant, devrait convaincre les plus sceptiques et les plus cyniques de ce qui se trame : un mouvement de femmes est devenu la révolution d’un peuple tout entier.

Les sanctions prises à ce jour par l’Union européenne pour faire pression sur le régime des mollahs sont donc presque dérisoires.

C’est pourquoi nous saluons l’initiative de députés comme Monsieur Hadrien Ghomi, élu de Seine-et-Marne, qui dépose avec les groupes politiques de la majorité présidentielle, un projet de résolution en soutien au mouvement pour la liberté du peuple iranien demandant à la France d’aller plus loin.

Dans un pays trop jacobin où l’exécutif, quand ce n’est pas l’Élysée, accapare trop souvent l’action internationale de la France, il faut saluer cette initiative de diplomatie parlementaire qui honore ses auteurs.

Nous appelons tous les députés de tous les bords politiques à voter cette résolution. L’unanimité de la représentation parlementaire serait un signal fort d’encouragement adressé au peuple iranien.

Alors certes, le projet de résolution, aurait pu aller plus loin en appelant notamment la France et l’Union Européenne à interdire de territoire plus de 10 000 officiers et hauts gradés du régime et en les frappant de lourdes mesures financières et immobilières, comme l’a déjà décidé le Canada.

Nous avons aussi formulé plusieurs propositions concrètes et audacieuses*.

Mais l’heure est à la mobilisation des Français derrière le peuple iranien : à l’instar de ces actrices françaises il y a un mois qui se sont coupé des mèches de cheveux, à l’exemple de ces centaines de députés aujourd’hui, les Français doivent se mobiliser. La révolution iranienne est aussi notre révolution ! Elle nous concerne au premier chef. Son succès impactera directement sur la liberté des femmes en France, sur les relations internationales (les Libanais et les Palestiniens vivent sous l’oppression de forces politiques affidées aux mollahs).

C’est pourquoi lundi 28 novembre à 18h pile, à l’initiative d’Opinion Internationale (qui anime la rubrique « IRAN, c’est une révolution ! »)  et de femmes franco-iraniennes, en toute indépendance et en refusant toute tentative de récupération politique, syndicale ou autre, nous vous donnons rendez-vous aux abords de l’Assemblée Nationale pour soutenir le vote de cette résolution et, avec les députés qui voteront ce texte, dire aux Iraniens : « nous sommes avec vous ! ».

 

Michel Taube

 

*Extrait de notre édito du 28 octobre :

Dans le même mouvement, l’Union européenne pourrait prendre plusieurs mesures politiques, économiques et au retentissement symbolique le plus puissant :

  • exiger la libération immédiate des dizaines de binationaux irano-européens, dont cinq Français, actuellement emprisonnés par le régime, et bien entendu  tous les manifestants arrêtés et qui comportent de nombreux mineurs, des journalistes, des photojournalistes, des internautes, des universitaires… ;
  • convoquer tous les ambassadeurs iraniens en poste dans les 27 capitales du vieux continent et annoncer la rupture des relations diplomatiques avec l’Iran sous un mois si le régime n’autorise pas le pluralisme politique et cesse toute violence contre le peuple,
  • suspendre sine die les discussions sur le nucléaire iranien,
  • interdire de séjour, fermer les comptes bancaires personnels et saisir tous les biens immobiliers des dirigeants, des parlementaires, des membres de toutes les institutions religieuses, régaliennes et politiques iraniens, de leurs familles et de leurs enfants en Europe, ce qui représente plus de 20.000 personnes ;
  • Demander des enquêtes sur les crimes du président de la République islamique Ebrahim Raisi, du “Guide” Ali Khamenei et de son cercle rapproché connu sous le nom de « Beit-e-Rahbari » à la Cour internationale de Justice et à la Cour pénale internationale ;
  • appeler la FIFA et toutes les Fédérations nationales à protéger les joueurs de l’équipe nationale qui joueront la Coupe du monde de football au Qatar ; ils ont osé soutenir publiquement les femmes iraniennes sur les terrains des matchs, se mettant en grand danger, d’autant que les Gardiens de la Révolution dirigent les instances sportives nationales ;
  • suspendre l’Iran d’ONU femmes.
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