Pour la sociologue Irène Théry, « avec l’affaire PPDA, nous vivons notre affaire Weinstein »

Sociologue, Irène Théry s’est engagée de longue date dans le combat féministe et pour l’évolution des droits liés au mariage et à la famille. Elle a été mandatée pour des rapports sur ces questions par le gouvernement de Lionel Jospin et sous François Hollande. En 2017, elle a révélé avoir été victime d’une agression sexuelle. Auteure de plusieurs livres, elle vient de publier « Moi aussi. La Nouvelle Civilité sexuelle » (Seuil), qui nous invite à révolutionner les codes sociaux et moraux de la sexualité.

Dans « Impunité », Hélène Devynck dénonce la culpabilité que nous faisons peser sur les femmes victimes de violences sexuelles : elles auraient dû savoir dire non, se défendre. D’où vient cette idée ?

Pendant des siècles, nos sociétés ont été organisées autour du partage des rôles entre, d’un côté, un monde masculin de l’art, de la science, de la politique, de la guerre et, de l’autre, un monde féminin de l’amour, du domestique, de la maison et des enfants. Ce partage fonde une vision asymétrique et hiérarchique des relations sexuelles : l’homme doit démontrer sa virilité conquérante, pour ne pas dire prédatrice ; la femme, elle, est une citadelle qui doit se défendre sous peine de perdre son honneur et celui de sa famille. Et dire non ne suffit pas, comme le formule avec ironie George Bernard Shaw : « Quand une femme du monde dit non, cela veut dire peut-être ; quand elle dit peut-être, cela veut dire oui ; et quand elle dit oui, ce n’est pas une femme du monde. » Seules les

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