Plaidoyer – Amélioration des conditions et des milieux de travail : Les acteurs votent pour une réforme du Code du travail – Lequotidien

Même si l’Etat du Sénégal, à travers des mesures urgentes, a pu préserver l’essentiel des emplois lors de la pandémie du Covid-19, les acteurs du monde du travail ont aussi joué leur partition. Mais il faut noter que la difficulté économique avait fini de gagner nombre d’entreprises, occasionnant le non-paiement du salaire intégral, des licenciements,…Alors avec le recul, il est urgent de réorganiser le monde du travail, mais aussi de renforcer l’administration du travail, a estimé Ibrahima Guèye, Secrétaire général adjoint de la Confédération des syndicats autonomes (Csa).

Par Ousmane SOW  – Les acteurs du monde du travail demandent une réorganisation du Code du travail pour prendre une nouvelle disposition en faveur des travailleurs. En effet, il y a plus de 2 ans que la pandémie de Covid-19 a fait irruption dans le monde, frappant de plein fouet, l’économie nationale, menaçant les équilibres macroéconomiques en raison des lourdes dépenses consenties pour maintenir les pays à flots. Cette situation, pour le moins inattendue, a par ailleurs donné lieu à des mesures de restriction qui ont impacté négativement la situation sociale. Certains ont perdu de nombreux emplois et tout semble indiquer que la totalité de ces emplois perdus ne sera pas régénérée, des entreprises aussi ont été fermées. Et pourtant, rappellent les inspecteurs du travail, durant cette pandémie du Covid-19, un dispositif de solidarité a été mis en place par les acteurs du monde du travail, la population, mais aussi l’Etat du Sénégal, à travers des mesures urgentes. «Les acteurs du monde du travail ont joué une partition importante lors de cette pandémie du Covid-19. Mais il faut le dire, ils ont payé un lourd tribut aussi», a souligné le Secrétaire général adjoint de la Confédération des syndicats autonomes (Csa), qui invite les acteurs du monde du travail à regarder dans le rétroviseur pour pouvoir faire face si des cas similaires, comme le Covid-19, devaient arriver dans l’avenir, afin d’avoir un fonds de substitution qui les aiderait.

D’après Ibrahima Guèye, aujourd’hui, le télétravail est devenu une réalité, une réponse à ce genre de pandémie. Et au-delà, dit-il, de la préservation de 70% du salaire, cela n’a pas toujours été respecté dans certains lieux de travail où les gens ont carrément mis à l’arrêt des travailleurs. Et avec ce recul, il est urgent de réorganiser le monde du travail. «Il faut une réorganisation du Code du travail pour prendre une nouvelle disposition en faveur des travailleurs. Nous considérons également que l’administration du travail doit être renforcée pour permettre que certaines dérives constatées dans certains lieux de travail ne puissent plus jamais se reproduire», a suggéré hier Ibrahima Guèye, lors d’un atelier sur le bilan des interventions des acteurs du monde du travail dans la lutte contre le Covid-19.

M. Guèye informe également que les travailleurs vont produire, dans les prochains jours, une évaluation sur certaines questions, notamment sur le secteur de la Santé dont il considère que les travailleurs ont payé le plus lourd tribut. «On a perdu beaucoup de camarades qui servaient dans le secteur de la santé. Et on ne peut pas compenser une vie perdue, mais au moins en termes de compensation, d’amélioration des conditions de travail, cela interpelle le gouvernement sur les questions relatives à prise en charge des travailleurs de la santé», a-t-il expliqué, avant de lancer un appel au gouvernement pour qu’il réponde à la demande des travailleurs de la santé.

Bilan «positif» dans la lutte contre le Covid-19
Dans un rapport intitulé : «Covid-19 : suivi de l’impact sur le bien-être des ménages», relève Karim Cissé, Directeur général du travail et de la sécurité sociale, «l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd) note que parmi les chefs de ménage qui avaient un emploi avant la crise, 60% ont conservé le même emploi, 4% ont changé d’emploi et 36% ont arrêté de travailler dont 30% pour des motifs liés au Covid-19». Cependant, après plus de 2 ans d’expérience de la pandémie du Covid-19 avec des conséquences fâcheuses sur l’économie, la situation sociale, il a été nécessaire pour ces acteurs du monde du travail, de se regrouper pour essayer de tirer un bilan. Un bilan qui, selon eux, va évaluer si est-ce que les mesures qui ont été prises lors de la pandémie du Covid-19 ont été «efficaces» et «efficientes». «Notre point de vue global, il y a eu cette effort du gouvernement qui tourne autour de 1000 milliards de la Force Covid-19, mais il y a au niveau sectoriel, l’ordonnance qui a été prise en avril 2020 pour restreindre la possibilité de licenciement, mais aussi garantir une rémunération minimale aux travailleurs en cas de chômage technique», a fait savoir le représentant du ministre du Travail, qui précise également que ces mesures ont permis de préserver beaucoup d’emplois, mais aussi ont créer les conditions d’un dialogue social et une négociation collective dans le marché du travail. Le Covid-19 n’est pas carrément enrayée, mais aujourd’hui, le coût de la vie a repris plus ou moins correctement. Et selon Demba Diop, le représentant de la Giz, la Coopération allemande, le Covid-19 a troublé le monde, et le monde du travail plus spécifiquement. «Le Sénégal a riposté favorablement à la crise du Covid-19. Et aujourd’hui, malgré les crises qui découlent directement ou indirectement de la pandémie, le Sénégal reste debout», conclut-il.