Pistolet thermique ou caméra thermographique : comment s’y retrouver

La thermographie infrarouge est un procédé de mesure thermique qui permet de détecter les zones de chaleur d’une surface, invisibles à l’œil nu. 

C’est un outil efficace pour la maintenance prédictive car elle peut aider à identifier les problèmes potentiels avant qu’ils n’entraînent une défaillance de l’équipement. En surveillant les changements de température, nous pouvons détecter différents facteurs de dysfonctionnements des éléments mécaniques tels que le surgraissage, le désalignement, et autres anomalies. Cela permet de prendre des mesures correctives avant que la situation ne se détériore, évitant ainsi des réparations et des temps d’arrêt imprévus coûteux.

Les pyromètres, couramment appelés des pistolets thermiques, sont souvent utilisés dans les applications industrielles. Mais quelle différence y a-t-il entre les caméras thermographiques et les pyromètres? Les deux fonctionnent sous le même principe : ils utilisent la technologie infrarouge pour détecter le rayonnement infrarouge et le traduire en une lecture de température. Une caméra thermique présente cependant de nombreux avantages par rapport aux pyromètres. Principalement, le pyromètre ne mesure la température que d’un seul point et est donc limité dans sa capacité à mesurer de plus grandes surfaces. En revanche, les caméras thermiques utilisent la technologie infrarouge pour créer une image de la surface à mesurer. Cela leur permet d’effectuer des relevés à partir de plusieurs points et d’identifier rapidement les zones de forte chaleur.

L’utilisation d’un pyromètre peut donc générer des lectures trompeuses ou tout simplement erronées. Le pointeur laser de ce dernier est un guide qui indique où l’on pointe l’instrument, mais ne fournira pas une mesure globale du composant. Par conséquent, l’opérateur, dans l’absence d’une indication que l’équipement est défectueux, risque de ne pas prendre en compte sa température réelle.

Une situation de la sorte s’est produite dans une grande usine de pâtes et papiers. Cette dernière avait mandaté Contrôles Laurentide pour la mise en place et l’exécution d’une route de thermographie mécanique et de procédé, afin d’identifier toute anomalie.  Cette route devait être exécutée à tous les deux mois. Lors d’une de ces visites, l’expert de Contrôles Laurentide a identifié la température d’un palier à semelle (pillow block bearing) comme étant plus de 125°C, une augmentation de 75°C par rapport aux dernières visites. Lorsque l’équipe de la papetière en fut informée, un technicien a été dépêché sur les lieux afin de valider la température, d’identifier l’anomalie et de corriger si possible, soit, de précéder à un graissage afin de diminuer la température.

Pourtant, le technicien rapportait toujours une température de 50°C. À la demande du fiabiliste de revérifier ce résultat, le technicien a effectué de nouvelles prises de températures et a obtenu des résultats contradictoires : 60°C, 45°C et 90°C. Comment expliquer les divergences entre les résultats et surtout, à quelle lecture faire confiance pour prendre une décision éclairée ?

Constatant que le technicien avait employé un pyromètre, le spécialiste de Contrôles Laurentide a été en mesure de le guider afin de détecter le point de chaleur, confirmant ainsi sa prise initiale de température de 125°C. Bien que le pistolet thermique puisse être très utile pour certaines tâches, il a des limites qui rendent les lectures globales moins précises. Étant donné que ce dernier ne mesure que la température d’un seul endroit, il peut être facile de manquer des informations cruciales. Ces données pourraient cependant s’avérer capitales, car elles permettraient d’identifier des défaillances d’équipements potentiellement catastrophiques, pouvant même se traduire par un incendie.

Après investigation, le spécialiste de Contrôles Laurentide ainsi que le technicien ont été en mesure d’identifier la détérioration de l’intérieur du roulement; ce n’était qu’une question de temps avant que l’équipement ne cède, ce qui aurait pu entraîner un arrêt imprévu de plus de cinq heures. Heureusement, l’identification de la détérioration de l’équipement s’est produite un jour de semaine, alors que l’équipe de maintenance était complète dans l’usine, leur faisant sauver de précieuses heures. La papetière a également pu compter sur sa bonne gestion des pièces de rechange, car la pièce était disponible en inventaire, leur évitant plusieurs heures supplémentaires d’arrêt non planifié.

L’efficacité et la précision de la caméra thermographique ont permis d’identifier une anomalie qui aurait pu être très coûteuse pour l’usine. Un diagnostic régulier des installations industrielles est essentiel pour maintenir un fonctionnement optimal et éviter les temps d’arrêt imprévus. L’imagerie thermique est un outil facile et efficace qui peut être utilisé pour détecter les problèmes potentiels électriques ou mécaniques avant qu’ils ne causent des dommages. Elle peut être utilisée pour localiser des anomalies de procédé : isolation thermique, profil thermique, fonctionnement des purgeurs de vapeur (steam traps), etc.  C’est une bonne première étape vers un programme de maintenance prédictive. En diagnostiquant régulièrement les installations industrielles, les opérateurs peuvent cibler et planifier avantageusement la maintenance, anticiper ou reporter les interventions en fonction de la priorité de gestion de l’usine.

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Images d’une lecture infrarouge faite à l’aide d’une caméra thermique et révélant l’échauffement d’un palier à semelle (pillow block bearing)


Pour plus d’information, consulter le site : www.laurentide.com

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