« Oussekine », d’une famille à l’autre

Hiam Abbass interprète Aïcha Oussekine, la mère de Malik, dans la série « Oussekine ».

Il faut toujours lire les génériques avec attention. Dans celui d’Héritage, le premier long-métrage que Hiam Abbass a réalisé, en 2012, on pouvait ainsi apprendre que le premier assistant réalisateur s’appelait Antoine Chevrollier. On découvrait aussi dans la distribution les noms de Mouna et Lina Soualem, filles de l’actrice palestinienne établie en France et de Zinedine Soualem. Depuis, Antoine Chevrollier est devenu l’un des piliers du Bureau des légendes, la série d’Eric Rochant, puis le créateur d’Oussekine ; au cinéma d’auteur, son domaine d’élection, Hiam Abbass a ajouté les séries américaines – elle s’apprête à tourner dans les nouvelles saisons de Succession et de Ramy ; Mouna, la benjamine, a entamé une carrière d’actrice (on la verra à Cannes dans La Nuit du 12, de Dominik Moll) et Lina, l’aînée, historienne de formation, a réalisé son premier documentaire, Leur Algérie (2021), consacré à ses grands-parents paternels, Mabrouk et Aïcha Soualem, arrivés en France dans les années 1950, comme Miloud et Aïcha, les parents de Malik Oussekine.

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Dix ans après, les liens noués sur le plateau d’Héritage se sont d’un coup resserrés. C’est d’abord Lina qu’a contactée Antoine Chevrollier, quand il a commencé à élaborer un projet de série relatant les circonstances et les conséquences de la mort de Malik Oussekine, sous les coups des policiers parisiens du peloton de voltigeurs motocyclistes, le 6 décembre 1986. Dans les premiers temps, elle était tenue au secret et n’a rien dit à sa sœur et à sa mère de l’entreprise dans laquelle l’ami de la famille l’avait embarquée : « Il a réuni les auteurs, Cédric Ido, Faïza Guène, Julien Lilti et moi, raconte Lina Soualem. J’étais officiellement coordinatrice d’écriture, mais je suis devenue documentaliste, j’ai fait les recherches à partir desquelles les auteurs ont pu écrire. »

Sa mère a enfin reçu le scénario du premier épisode d’Oussekine et s’est vu proposer le rôle d’Aïcha. « J’ai été époustouflée, il y a une émotion retenue qui explose à la fin, et j’ai retrouvé exactement les mêmes réactions chez les spectateurs lors de la projection de la série en avant-première », dit-elle. Pour devenir Aïcha Oussekine, Hiam Abbass a travaillé son arabe algérien avec la romancière Faïza Guène, l’une des scénaristes. Enfin, les auditions de Mouna Soualem pour le rôle de Sarah se sont étalées sur deux mois et demi, avant que le rôle de la fille cadette, révoltée, indignée, ne lui soit attribué, alors que le tournage de la série commençait.

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