Nocturne français de Bertrand de Saint Vincent: un monde fou

LA CHRONIQUE D’ÉTIENNE DE MONTETY – Un regard sarcastique posé sur les vedettes de la capitale, une ère qui s’achève. Des chroniques à savourer.

Longtemps Bertrand de Saint Vincent ne s’est pas couché de bonne heure. Ses lecteurs le savent, il arpentait les générales, les vernissages, les remises de prix, il observait, il notait. Sur tout ce joli monde, il pose un œil sarcastique: garçon, de quoi écrire! Saint Vincent est le chroniqueur des heureux du temps présent, actrices, collectionneurs, écrivains, il savoure leur compagnie et parfois leurs œuvres. «Au premier étage, il y a un monde fou.» Fou, c’est le terme. Il le dit avec courtoisie, même si l’on peut sentir une réserve. À force de frayer avec la cour et la ville, il sait que la légèreté est un chef-d’œuvre en péril. Légèreté est un mot qui lui sied, les siens effleurent le papier, ses formules sitôt qu’elles ont touché s’envolent déjà vers le ciel. Il y a dans cet art une forme de politesse ; exprimer des sentiments plus sombres, des appréciations acerbes lui paraîtrait de la dernière indélicatesse.

À le lire, on sent bien qu’une ère s’achève, et que ça le navre. Scott et…

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