Navya demande son placement en redressement judiciaire

L’entreprise Navya, spécialiste de la technologie de la conduite autonome, s’est déclarée mercredi en cessation de paiements et a demandé son placement en redressement judiciaire.

Navya, qui compte 280 salariés, « annonce avoir procédé ce jour à une déclaration de cessation des paiements auprès du Tribunal de commerce de Lyon », a précisé l’entreprise dans un communiqué.

« Compte tenu de l’évolution de son cours de bourse et de la liquidité des actions sur le marché, Navya n’était plus en mesure d’émettre de nouvelles tranches d’obligations convertibles en actions avec bons de souscription d’actions lui permettant de couvrir l’ensemble de ses besoins de trésorerie », a constaté la société, basée à Villeurbanne, banlieue nord-est de Lyon.

Le cours de l’action Navya à la Bourse de Paris s’est effondré, passant en deux ans de près de 4 euros à 3 centimes mercredi, quand la société a demandé la suspension de sa cotation.

« Par ailleurs, toutes les tentatives d’adossements auprès d’investisseurs ont échoué », a-t-elle ajouté, en reconnaissant ne pas disposer « de ressources disponibles suffisantes pour (…) faire face » à son passif.

« L’objectif de cette procédure de redressement judiciaire est d’évaluer toutes les solutions permettant de pérenniser l’activité, maintenir les emplois ainsi que rechercher des investisseurs dans le cadre d’un plan de redressement, par voie de continuation ou d’un plan de cession », a détaillé Navya.

Selon le texte, « le Tribunal de commerce de Lyon se prononcera sur cette demande d’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire lors d’une audience qui se tiendra le 31 janvier » et « si le Tribunal de commerce fait droit à la demande de la Société, l’exploitation de la Société se poursuivra pendant la période d’observation ».

Créée en 2014 et souvent vue comme une « pépite » de la technologie française, Navya, qui compte les groupes Valeo et Keolis parmi ses « actionnaires historiques », revendique avoir mis en circulation dans 25 pays plus de 200 exemplaires de sa navette autonome pouvant transporter jusqu’à 15 passagers.

De constructeur de navettes et tracteurs autonomes de marchandises, Navya a réorienté sa stratégie pour privilégier la fourniture de systèmes de conduite autonome à divers constructeurs. Elle collabore à cet égard avec Bluebus, filiale du groupe Bolloré fabriquant des bus électriques.