Mobilisation générale pour l’emploi dans l’industrie agroalimentaire

2000 postes sont à pourvoir actuellement en Bretagne dans les entreprises de l’agroalimentaire, soit une augmentation de 49% en un an des offres d’emploi dans ce secteur. Résistante pendant la crise sanitaire, la croissance de la filière agro a continué de progresser en 2020 et 2021. Les besoins en recrutement suivent cette courbe haussière, tout comme les tensions qui vont avec. Pour valoriser ces métiers, faire tomber d’éventuels préjugés, les acteurs de l’agroalimentaire et de l’emploi se mobilisent et organisent une Semaine nationale de l’emploi agroalimentaire, la seconde du nom, du 14 au 18 novembre 2022. Au programme : visites d’entreprises, rencontres avec des salariés, job dating, immersion… Tout est bon pour redorer le blason.

Des banderoles sur le bord de la voie express aux vidéos postées sur les réseaux sociaux, les industries de l’agroalimentaire redoublent d’arguments pour recruter. Rien qu’en Bretagne, plus de 2000 postes sont actuellement à pourvoir, sur des profils essentiellement d’opérateur (-trice) de fabrication, de conducteur(-trice) de machine ou de ligne, de technicien(-ne) de maintenance. 

Premier secteur industriel en France, l’agroalimentaire est aussi le secteur moteur en Bretagne où il mobilise 3 000 établissements, 75 000 salariés (soit 8% des salariés de la région) et génère plus de 20 milliards de chiffre d’affaires. Résistante pendant la crise, l’industrie agro a continué de se renforcer depuis, atteignant des besoins soutenus en main d’oeuvre. “Entre juillet 2021 et juin 2022, Pôle emploi a recensé 10 591 offres d’emploi dans ce secteur, en Bretagne. Le volume d’offres a progressé de 49% en un sur la région, et de 18% au niveau national”, souligne Frédéric Sévignon, directeur régional de Pôle Emploi Bretagne. Côté cadres, 7600 offres agroalimentaire sont à pourvoir au niveau national, “un niveau historiquement haut”, ajoute Olivier Maurin de l’Apec Bretagne.

Selon l’Apecita (Association pour l’emploi des cadres, ingénieurs et travailleurs agricoles), la plupart de ces offres sont des contrats en CDI (50%), des CDD de longue durée pour 25% et des contrats en apprentissage pour le reste. “70% de ces offres sont accessibles à des gens sans expérience dans l’agro“, précise Annie Jestin, déléguée régionale.

Le taux de chômage le plus bas de France

La région, dont certains bassins d’emploi frôlent le plein emploi, affiche également le taux de chômage régional le plus bas de France, avec 5,8% d’actifs sans emploi. “Ce qui représente 114 000 demandeurs d’emploi de catégorie A”, précise le directeur Pôle Emploi. “A date, il y a, à l’échelle régionale, 64 000 offres d’emploi à pourvoir, tous secteurs confondus. Nous en enregistrions 38 000 en 2018”, compare Frédéric Sévigon. L’industrie agroalimentaire est dans le peloton de tête.

Pour parer à cette situation, les acteurs de l’emploi et du secteur industriel se mobilisent et organisent La Semaine nationale de l’emploi agroalimentaire. Elle se tiendra au niveau national du 14 au 18 novembre 2022, et résonnera fortement en Bretagne où “chaque habitant réside à moins de 30 km d’une entreprise agroalimentaire“, précise Marie Kieffer, déléguée générale de l’ABEA, Association Bretonne des Entreprises Agroalimentaires, également mobilisée pour cette manifestation, tout comme l’Apec Breatgne, l’Apecita et l’Ania (Association nationale des industries alimentaires). 

Changer le regard du public

Au programme : portes ouvertes, visites d’entreprises, job dating, tables rondes, actions de communication… Toute une panoplie d’animations pour “changer le regard du public sur ces métiers et capter des personnes plus éloignées de l’emploi”, souligne Frédéric Sévignon. “On joue la transparance, l’authenticité et la simplicité“, enchérit Marie Kieffer, dont l’association a créé une websérie pour l’occasion, intitulée “Je viens bosser dans l’agroalimentaire”.

Le volet formation est également un levier, si ce n’est un enjeu, que les acteurs comptent bien actionner. “D’ici à 2030, 1/3 des salariés de l’agroalimentaire accèdera à la retraite. Il faut donc dès à présent informer les plus jeunes et préparer leur orientation vers ces opportunités de carrière au sein de l’agroalimentaire”, rapporte Anastasia Boucheron, directrice des affaires sociales au sein de l’Ania.

Pour tout connaitre sur cette semaine de l’emploi agroalimentaire, les partenaires ont conçu un site dédié qui recense toutes les offres et les animations programmées.

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