Michel Blanc («Voyez comme on danse»): «J’ai beaucoup de névroses»



Pourquoi être resté seize ans sans réaliser, entre « Embrassez qui vous voudrez » et « Voyez comme on danse », sa suite ?

Parce que je n’avais rien à dire et autre chose à faire ! J’aime la mise en scène, mais aussi mon métier d’acteur. J’ai eu ces dernières années les propositions de rôles dont je rêvais depuis longtemps. On m’a aussi proposé d’adapter deux romans.


Vous n’avez plus envie de vous écrire un grand rôle ?

Non. Même ici, je suis finalement très absent ! Mon personnage apparaît juste pour foutre le bordel. Je n’aime pas à la fois jouer et me mettre en scène, surtout dans un rôle de composition. J’ai besoin du regard de quelqu’un qui soit capable de me dire ce qui va ou pas. Je ne sais pas du tout me dire : « Mon gars, fais autrement – Oui mais comment ? » J’ai beaucoup de névroses, mais je ne suis pas schizophrène !


Qu’est-ce qui a motivé les retrouvailles avec les personnages d’« Embrassez qui vous voudrez » ?

Les retrouvailles avec les actrices. Charlotte Rampling, impériale, Carole Bouquet, Karin Viard. Plus Jacques Dutronc. Et de nouveaux acteurs que j’avais envie de diriger, comme Jean-Paul Rouve, William Lebghil, rencontrés sur « Les souvenirs ». J’ai vu une comédie possible avec leurs histoires d’amour sur le point de se péter la gueule.


Le personnage de Serena (Sara Martins) réserve une sacrée surprise à l’homme qui la désire, joué par Jean-Paul Rouve.

Serena est le plus au bord du gouffre. J’essaie de faire rire avec elle, jusqu’au moment où l’émotion l’emporte. On comprend combien sa vie n’est pas simple. Les autres ont des problèmes, mais qui ne les menacent pas. Elle, si. Quelqu’un de proche est passé par là, ça m’a permis de le comprendre. Mais ne révélez pas ce dont il s’agit, s’il vous plaît !


Les personnages sont aussi des bourgeois obnubilés par les problèmes d’argent.

Je suis né à Puteau, c’était à l’époque une banlieue ouvrière. Nous vivions dans un petit pavillon construit par mon arrière-grand-père. C’est vous dire si la maison était pourrie d’humidité… Je ne fais pas partie de la bourgeoisie, mais j’ai connu plus tard à Neuilly de grands bourgeois d’une vulgarité sans nom. On y divorçait beaucoup. Dans mon milieu, on ne divorçait pas, parce qu’on n’avait pas les moyens de se quitter. On se tapait sur la gueule, mais on ne divorçait pas !

« Voyez comme on danse », 16 octobre, 21h10, France 2.