Mercato – Aouar, Gouiri, Caqueret – Pourquoi Lyon ne vend plus aussi bien ses jeunes ?

Un sacré trésor. Depuis six ans, ils sont 15 jeunes formés à Lyon puis partis vers d’autres contrées pour des sommes parfois rondelettes. Tout en haut du classement, la génération Alexandre Lacazette, vendue à prix d’or dans les plus grands clubs d’Europe, a contribué à faire rayonner le savoir-faire de l’académie. Le trio made in Tola-Vologe Lacazette – Tolisso – Umtiti a, à lui seul, rapporté 119 millions d’euros. A l’été 2019, l’OL encaissait encore 45 millions d’euros pour un trio bien plus improbable : Willem Geubbels – Mouctar Diakhaby – Myziane Maolida.

Si le défenseur central signe une carrière très honorable à Valence, les carrières très poussives des deux attaquants rappellent que l’OL a aussi su profiter de la réputation de son centre de formation pour vendre des joueurs loin d’être confirmés à des sommes folles. “C’est à Lyon qu’on forme le mieux les joueurs donc il y a une logique, note Laurent Schmitt, agent sportif. Vendre au bon moment, ça dépend du marché et on ne sait qu’après. Globalement, 7 fois sur 10, Lyon fait une super affaire avec ses jeunes. Et je rappelle aussi que, de toute façon, un jeune vendu, c’est toujours une bonne affaire puisqu’il n’a pas coûté grand-chose.

Alexandre Lacazette, Maxime Gonalons et Samuel Umtiti (OL)

Crédit: AFP

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21/01/2023 À 16:25

3 millions en deux ans et demi

Mais depuis quelques temps, le filon s’est épuisé. L’OL est toujours un acteur majeur du mercato et rempli copieusement la colonne des départs. Mais les plus gros chèques sont encaissés pour des joueurs en post-formation (Tousart), venus à Lyon pour se révéler (Ndombele, Mendy, Bruno Guimaraes) ou se relancer (Paqueta). Les purs produits de la formation lyonnaise se vendent moins et nettement moins chers.

Depuis deux ans et demi, l’OL n’a vendu qu’un seul homme issu de son centre : Melvin Bard, parti à Nice contre 3 millions d’euros. La source s’est tarie. A l’heure où Chelsea est prêt à miser gros voire très gros sur Malo Gusto, Lyon sait-il toujours y faire avec ses jeunes sur le marché des transferts ? La première raison réside dans le tassement des talents. La génération Lacazette, Umtiti, Tolisso, Ferri, Gonalons, Lopes, Grenier et Fekir (tous nés entre 1989 et 1994) reste la plus belle de l’histoire de l’Olympique Lyonnais et la relève n’est pas tout à fait du même calibre.

Umtiti, Tolisso, Lacazette, Fekir : destins divers pour les ex-joyaux de l’OL (Montage : Quentin Guichard)

Crédit: Eurosport

Fekir, Gouiri, Aouar : problème de timing

L’OL a aussi connu des problèmes de timing dans ses ventes. La preuve en trois exemples :

  • Nabil Fekir : Un an après une vente avortée pour 60 millions d’euros à Liverpool qui en aurait fait le joueur le plus cher de l’histoire du club, Fekir rejoint le Betis contre 19,75 millions d’euros. Sa dernière saison, moyenne et émaillé de pépins physiques, a fait descendre sa cote en flèche.
  • Amine Gouiri : Vendu 7 millions d’euros (+15% sur une éventuelle plus-value) à l’été 2020, Gouiri en vaut aujourd’hui trois à quatre fois plus si on en croit le site Transfermarkt. Barré à Lyon par l’arrivée de Karl Toko-Ekambi et un Rudi Garcia qui ne croyait pas en ses capacités, l’avant-centre des Espoirs est sans doute parti trop tôt.
  • Houssem Aouar : Longtemps désiré par la Premier League (Manchester City, Arsenal), Aouar a vu sa côte grimper très haut (entre 40 et 50 millions d’euros) après un parcours en Ligue des champions (2019/2020) où il fut étincelant. Les exigences trop grandes de l’OL en plein été Covid, alors qu’Arsenal avait transmis une offre de 30 millions, l’ont condamné à rester. Depuis, Aouar n’est que l’ombre de lui-même et il partira, sans doute, en fin de contrat en juin après 2 ans et demi bien laborieux.

OL, problème de niveau et de stratégie

Mais si la valeur d’Aouar a dégringolé, le joueur n’est pas le seul responsable. Le déclassement de l’OL depuis plusieurs saisons désormais et l’absence de participation à la Ligue des champions depuis 2020 fait mécaniquement baisser le pouvoir d’attractivité et le prix des Lyonnais. Après une longue période où l’argent était investi dans le stade plutôt que dans la construction de l’effectif, le recrutement frénétique des dernières années a nécessairement fait moins de place aux jeunes du cru. Et certains ont même choisi de ne pas passer pro à Lyon alors même qu’ils en avaient le niveau.

Capitaine de la réserve, Pierre Kalulu était barré par Léo Dubois, Tete et Rafael à son poste. Aujourd’hui incontestable à l’AC Milan, il est parti libre d’un club qui ne laissait jamais filer ses meilleurs éléments sans contrat. Depuis, fragilisé par des résultats médiocres, Lyon est revenu, contraint et forcé, à ses fondamentaux. L’été dernier, les prolongations de Maxence Caqueret et Rayan Cherki, de Mohamed El Arouch, héros de la victoire en Gambardella, ainsi que les retours au bercail de Tolisso et Lacazette, ont réanimé le projet “made in OL”.

Houssem Aouar, Malo Gusto, Amine Gouiri

Crédit: Quentin Guichard

L’installation de Castello Lukeba en défense centrale participe à cette lame de fond qui a deux objectifs : renouer un fil distendu avec les supporters et surtout créer de la valeur marchande pour combler les trous financiers nés d’exercices ratés. Si Lyon construit à nouveau sur ses jeunes, il faudra s’attendre à voir les ventes décoller. Encore faudrait-il qu’ils saisissent leur chance. La saison de Maxence Caqueret et le temps de jeu de Cherki ne vont pas vraiment exciter l’Europe alors qu’El Arouch songe déjà à un départ. Reste le cas Malo Gusto. Peut-il à lui seul réamorcer la pompe ?

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