Marco Mouly nous révèle pourquoi il a accepté de témoigner dans le documentaire de Netflix, et la raison est

«
 Ma cavale, je suis prêt à repayer un an de prison pour la refaire !
 », nous avoue Marco Mouly. « J’ai eu envie de la raconter, grâce à Julie Madar et sa plume de folie, parce que, avec le recul, après la prison, quand je vois les conneries que j’ai faites, même moi, je doutais que ça avait été réel ! Mais tout est vraiment possible, et il faut le raconter aux gens, leur dire que la vie est si belle qu’il faut toujours avancer, même quand on croit que tout est noir. »

« J’avais Interpol à mes trousses, je prenais pour des flics tous les gens que je croisais dans la rue, mais j’ai fait une cavale grandiose, à Mykonos, en Tunisie, à Istanbul, en Israël… », se remémore-t-il ensuite. « J’ai dépensé plus de 32 millions d’euros en huit mois. Je me suis fait remarquer plutôt que me cacher ! L’adrénaline, l’amour des miens, se faire voir de tous, c’est ça la beauté de l’histoire. Et j’aurais pu continuer encore ! Je gagnais bien ! L’instinct de survie ! Quand on est dans la vie normale, ça coince, mais en fuite, on va chercher ce qu’il faut. Si je ne gagnais pas d’argent, je devais me rendre, et ça, j’en avais pas envie trop tôt… D’ailleurs, la Suisse, où je suis allé finalement pour me faire arrêter après ces vacances, allait me libérer. Ça s’est joué à sept minutes… Mais la France a envoyé des motards pour venir me chercher. Moi, j’étais déjà prêt pour repartir faire un tour ! »

Et de poursuivre : « Je suis parti parce que huit ans pour un braquage au stylo, c’était n’importe quoi ! Ceux qui sortent les vrais calibres ne prennent pas autant. Un homme qui se prend pour un homme ne peut pas se laisser déshabiller à poil devant sa famille. Moi, j’écoute mon Dieu, mon père et ma mère. Pas le juge ! J’ai décidé de m’offrir des vacances, et je me suis barré du tribunal où j’étais venu écouter la sentence, déguisé en avocat ! Je leur ai montré que moi, on ne me prend pas pour un con ! Le plus important, c’était pour moi-même, montrer que j’étais capable de le faire. Comme pour l’arnaque à la taxe carbone. Comme ils le disent dans le documentaire de Netflix : l’intelligence de la rue a baisé l’intelligence des grandes écoles. »


« Ils ont trouvé des milliards pour le corona, pour la guerre… mais ils n’en ont pas pour les gens qui dorment dans la rue »

« Aujourd’hui, l’économie est dangereuse avec les fous, les hommes politiques qui croient que le monde est à eux », ajoute Marco Mouly. « Ils ont trouvé des milliards pour le corona, pour la guerre, mais ils n’en ont pas pour les gens qui dorment dans la rue. Je supporte pas ces mentalités. Alors, moi je me sers comme eux ils se servent. Je crois que c’est pour ça que je suis aimé. Les gens prennent leur revanche à travers moi. Et j’ai même pas volé l’Etat. Ils ont juste eu du manque à gagner. Si on n’avait pas fait un chiffre d’affaires de 1 milliard 600 000 euros, il n’y aurait jamais eu 283 millions de TVA à évaporer ! Avec le recul, j’en rigole. Et j’espère que je n’aurai plus jamais besoin d’argent, parce qu’on ne peut jamais dire fontaine, je ne boirai pas de ton eau ! »

L’homme affirme enfin que l’arnaque à la taxe carbone, « ça n’a été que 3 % de ma vie professionnelle. J’ai gagné beaucoup plus d’argent avant, mais c’est une affaire marrante, parce qu’on n’y croyait pas avant de dépenser l’argent… puis d’entendre la sentence ! »

« Il reste beaucoup à raconter, ma vie a été un rêve ! Et elle va devenir un film, encore avec Julie Madar », nous révèle alors Marco. « Pour mon rôle, à part moi, je crois qu’il n’y a personne qui peut le tenir ! En tout cas, si on me le demande, je le ferai, pour m’amuser. On m’a déjà proposé de jouer au cinéma, mais jusqu’ici, j’ai toujours refusé. Parce qu’au cinéma, vous gagnez bien votre vie, mais pas tout de suite. »


Raconter son histoire… pour gagner sa liberté

« Après, le documentaire de Netflix, le livre écrit par Julie Madar avec moi, ne me rapportent rien », affirme Marco Mouly. « Comme je dois donner mon argent à l’Etat, je préfère que les bénéfices partent à des œuvres. Mon vrai boulot, c’est les structures que j’ai montées, même si je n’ai pas le droit de les gérer. Ça va très, très, très, très bien. J’ai déjà remboursé une bonne partie aux impôts, comme je m’y étais engagé. Je n’ai qu’une parole. Elle fait l’homme. »

Et de conclure : « Le documentaire de Netflix m’a fait gagner deux ans sur ma peine, c’est pour ça que je l’ai fait. Je ne veux pas frimer, mais avant moi, tout le monde avait la crainte de faire des docs sur des arnaqueurs. J’ai été le premier quasi, ça a fait des arnaqueurs des stars des médias, comme avec celui de Tinder – mais lui, il a escroqué les gens, et je trouve ça triste. Moi, à part l’Etat et les banques, je ne prends pas d’argent aux gens, au contraire, j’en donne. »