M6 se redresse en bourse grâce à l’effet spéculatif – 22/09/2022 à 16:38

(AOF) – Le titre M6 rebondit à la Bourse (+5,10 % à 13,19 euros) après avoir été chahuté ces derniers jours suite au projet de fusion avorté avec TF1. RTL Group, qui détient 48,26% de M6, chercherait à se séparer rapidement de sa participation dans le groupe français. Selon le Financial Times, Bertelsmann a demandé à recevoir des offres indicatives d’ici vendredi. “Nous “testons le marché. C’est sur la base de ce test que nous déciderons de vendre ou non”, a confirmé au quotidien financier Thomas Rabe, le directeur général de Bertelsmann.

Parmi les candidats potentiels cités par le FT figurent un consortium d’entrepreneurs français de premier plan, dont le magnat du transport maritime Rodolphe Saadé, Stéphane Courbit, du groupe de production télévisuelle Banijay, et l’investisseur Marc Ladreit de Lacharrière.

Les candidats perdants de la dernière enchère envisagent également de nouvelles offres, comme le conglomérat MediaForEurope, soutenu par Silvio Berlusconi, et le milliardaire des télécommunications Xavier Niel, via sa société de production Mediawan.

Le groupe Vivendi de Vincent Bolloré, qui s’est activement opposé à la fusion TF1-M6, étudie également la possibilité de présenter une nouvelle offre après avoir fait une offre l’année dernière.

Deux autres milliardaires – l’investisseur tchèque Daniel Křetínský et le propriétaire français de télécommunications Patrick Drahi – évaluent également leurs options.

Certains de ces noms avaient déjà été cités par la presse française ces derniers jours.

Thomas Rabe, le directeur général de Bertelsmann, a confirmé au Financial Times qu’il avait demandé des offres non contraignantes après avoir été “inondé de manifestations d’intérêt” pour M6 après l’échec de sa fusion avec TF1, propriété de Bouygues, la semaine dernière.


AOF – EN SAVOIR PLUS


Points clés

– Deuxième groupe français de télévision avec 14,3 % de part d’audience et premier groupe radio privé avec 18,2 % de parts d’audience ;

– Chiffre d’affaires de 1,39 Md€ tiré à 81 % de la publicité, le reste provenant de la radio (marques RTL, Fun Radio) et des services digitaux (sites Cuisine AZ, Turbo) ;

– Modèle d’affaires visant à la complémentarité et la transversalité des activités sur toute la chaine de valeur via la production de contenus, la diversification des offres (chaînes télé -M6, W9, 6ter, Téva, Gulli, Paris Première- et radios -RTL, RTL2 et Fun Radio), la digitalisation et les acquisitions ;

– Capital détenu à 48,26 % par RTL Group et à 5,05 % par la CNP, Nicolas de Tavernost menant le directoire et Elmar Heggen le conseil de surveillance de 9 membres ;

– Bilan très sain avec des capitaux propres de 1,2 Md€, une trésorerie de 323 M€ et une dette nette quasi-nulle.


Enjeux

– Stratégie de gains de part de marché en TV et radio et de préparation de l’avenir par des participations ciblées dans des actifs non consolidés -Streaming avec Bedrock, marketing digital avec GSG, Salto ;

– Stratégie d’innovation et de transformation digitale définie dans le programme OPEN : veille, « Campus innovation » de formation, Lab Innov d’expérimentation en interne ;

– Stratégie environnementale de réponse à 2 enjeux – réduction de l’impact environnemental et sensibilisation du public :

– construction en cours d’un plan bas carbone pour le groupe,

– économie circulaire, sobriété numérique et gestion stricte de l’électricité ;

– Simplification du portefeuille et recentrage sur M6 Digital services, M6 Créations, M6 Interactions et Best of TV ;

– Poursuite des gains de téléspectateurs, notamment les 25-49 ans (22,8 % de parts d’audience) et en avant-soirée.


Défis

– Secteur très réglementé avec limites aux redéploiements et à la croissance externe, incertitudes liées à la montée en puissance de la vidéo à la demande, de la TV connectée et de l’entrée de nouveaux acteurs –Apple TV, Netflix, Amazon Prime, Google TV et, en 2023, HBO Max ;

– Rapprochement des activités télévisuelles avec celles de TF1, attendu pour 2023 :

– cessions attendues de chaînes hertziennes, notamment 6ter et Paris Première,

– attente pour octobre de l’avis de l’Autorité de la concurrence ;

– après le rachat de la participation de France Télévisions dans la plateforme audiovisuelle d’abonnements Salto, détenue avec TF1, réussite du projet de streaming ;

– Enjeux 2022 après un 1er trimestre correct : accompagner la reprise publicitaire, développer l’offre de TV segmentée, les offres non-linéaires -6play et Salto-, la production de fictions et renforcer les synergies internes ;

– Dividende 2021 de 1 €.


Les acteurs français bien positionnés dans la production audiovisuelle

Parmi les acteurs indépendants, le Français Banijay est le leader mondial avec un chiffre d’affaires attendu de 3 milliards d’euros en 2022 sur un marché qui représente 100 milliards de revenus. Mediawan (soutenu par le fonds KKR), dont le chiffre d’affaires s’élève à 1 milliard d’euros, est l’autre principal intervenant français du secteur. Le marché est encore très fragmenté car selon l’Observatoire européen de l’audiovisuel, les vingt premiers groupes de production étaient à l’origine de seulement 38% des titres créés en 2020. Toutefois les experts estiment que le secteur est entré dans une phase de consolidation. Ainsi la cotation en bourse de Banijay vise à lui permettre de mieux participer à ce mouvement.

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