l’incroyable histoire de la collaboration entre Nespresso et la jeune marque de baskets Zèta

En septembre 2020, à la sortie de ses études à l’IAE Bordeaux (école universitaire de management), à peine âgée de 22 ans, Laure Babin crée Zèta entre les deux premiers confinements. « Je voulais révolutionner l’industrie de la basket, rien que ça, annonce-t-elle dans un éclat de rire. Mon défi c’était : suis-je capable de répondre aux questions pour améliorer la consommation sur le plan environnemental et social. Je ne savais pas si c’était possible car d’autres avaient essayé. » Faisant sienne la citation de Mark Twain, « Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait », elle se lance.

Je voulais révolutionner l’industrie de la basket, rien que ça

Des mois de recherche

Après des mois de recherches, elle trouve une usine familiale au Portugal qui accepte de relever le défi avec elle. En septembre 2020, elle lance un financement participatif de précommande, espérant vendre cent paires de baskets fabriquées à base de plastique recyclé et dont la semelle est faite avec du marc de raisin de la région de Bergerac. En quelques semaines, le compteur affiche 2 700 commandes. « C’était génial mais en même temps, j’étais paniquée, me demandant comment répondre à la demande en termes de matière première. » Zèta honore toutes ses commandes, la presse lui donne une visibilité, les articles tournent sur les réseaux sociaux et l’un d’eux, celui de « Sud Ouest », tombe sur l’écran de Guillaume Le Cunff, PDG de Nespresso monde.

« Il m’a envoyé un message sur LinkedIn, à ce moment-là tout était fou dans cette aventure, je n’ai pas eu le temps d’être ébahie de son message, raconte-t-elle. Avec Camille Bellec, la directrice générale de Zèta, on travaillait de 8 à 21 heures. » Les Bordelaises rencontrent donc les équipes de Nespresso au siège en Suisse, là où sont aussi passées les égéries de la marque : George Clooney, John Malkovich et Jean Dujardin.

« Complètement fou »

Dans une semelle, il y a dix-huit tasses de café

« Le défi complètement fou était de réaliser une paire de baskets entièrement fabriquée à partir de marc de café Nespresso revalorisé. Tous les fournisseurs et services de recherche et développement nous prenaient pour des dingues affirmant qu’il fallait dix années de développement pour aboutir à une matière. » Elle tombe sur « une entreprise, toujours au Portugal, qui avait tenté l’expérience puis abandonné, mais se disait partante, rassurée par la puissance de Nespresso. En huit mois, trois semelles, du marron au blanc crème, sortent de l’usine pour fabriquer trois modèles de baskets à base de plastique et de marc de café recyclés pour l’extérieur et du liège recyclé pour l’intérieur. Elles prennent le nom de cafés : Ristretto, Cappuccino, Latte. « Dans une semelle, il y a dix-huit tasses de café », résume Laure Babin. Zèta a produit 3 000 paires, soit 54 000 tasses dont le marc des capsules est recyclé.

Au Festival de Cannes

La commercialisation se fait sur le site de Zèta mais la marque Suisse filiale de Nestlé assure la communication avec tous les moyens dont elle use pour ses propres produits. « Là, je suis entrée dans un autre monde », témoigne la jeune entrepreneuse. Postes sur les réseaux sociaux, conférence de presse nationale… à la suite de laquelle, le site de Zèta enregistre 15 000 visites, dix fois plus qu’habituellement. La communication dans tous les pays européens où Nespresso est présent a fait affluer des commandes que la marque bordelaise n’aurait jamais eues. Allemagne, Slovénie, République tchèque… Guillaume Le Cunff, « un Breton, humble et très abordable » invite Laure et Camille à Lausanne. L’objectif étant que les baskets Zèta/Nespresso se voient, quelques paires sont offertes à des influenceuses et actrices afin qu’elles les portent lors du Festival de Cannes. La marque suisse au chiffre d’affaires de 5,43 milliards d’euros invite l’entrepreneuse bordelaise sur la Croisette. « J’ai loué une belle robe et monté les marches sur le tapis rouge, s’amuse-t-elle. C’était comme un rêve éveillé mais ce n’est pas mon monde. »

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