Le temps des retrouvailles pour les Harkis de Dreux

Ces retrouvailles entre des filles et fils de Harkis avec Josèphe Poirier sont sans doute le meilleur symbole pour illustrer l’exposition “Les Harkis et Dreux”.
La scène se passe ce mercredi 21 septembre, en fin d’après-midi, dans la cour de la chapelle de l’Hôtel-Dieu. Une charmante retraitée habillée de rose tombe dans les bras de ces adultes qu’elle a connus alors qu’ils étaient des enfants grandissant au Murger-Bardin.

premium Pourquoi préparer une exposition sur les Harkis à Dreux ?

Dans les années soixante, Josèphe Poirier était assistante sociale à Dreux. C’est elle qui a été chargée de suivre les familles venues s’installer à Dreux après les accords d’Évian et, souvent, des passages dans les camps de Rivesaltes et autres.
 

« J’ai passé 34 ans à Dreux. J’aidais ces familles à s’installer dans leur nouvelle vie, je les aidais notamment pour toutes les démarches administratives. Mais, j’ai surtout tout partagé avec ces familles : les joies, les peines, les mariages, les naissances, les deuils… »

Josèphe Poirier (ex-assistante sociale)

Alors, quand elle a découvert l’exposition réalisée par l’Onac avec le soutien de l’État et du Département, le vernissage a pris des allures de retrouvailles.
Au-delà de ce moment d’émotion, Josèphe Poirier est le reflet de ce qu’Anne Rothebuhler, directrice de l’Onac a voulu faire avec cette exposition. Non seulement, faire un travail de collecte de documents en se plongeant dans les archives, mais aussi s’appuyer sur des témoignages pour réaliser une exposition plus humaine, plus vivante.

premium La loi de réparation pour les Harkis suscite le débat

Hier soir, à la chapelle de l’Hôtel-Dieu, Anne Rothenbuhler et Xavier Luquet, le sous-préfet de l’arrondissement de Dreux, ont le sourire : en six mois, leur projet est bien là.

« L’exposition n’en est qu’à ses débuts. Elle va continuer à vivre en s’exportant dans d’autres lieux d’Eure-et-Loir et même dans d’autres départements ».

Anne Rothenbuhler et Xavier Luquet (empty)

Pierre-Frédéric Billet, maire de Dreux, Olivier Marleix, député LR, rendent hommage « à ces familles qui ont participé et participent encore à la construction de la ville ». 

À la chapelle de l’Hôtel-Dieu jusqu’au 25 septembre.  De 10 à 19 heures.

premium Le général Maurice Faivre, figure emblématique pour les Harkis

Mémoire. L’image du général Maurice Faivre est à jamais liée à l’histoire des Harkis à Dreux. Disparu, il y a deux ans, il n’a pas pu découvrir l’exposition qui est consacrée aux Harkis. Mais, dans son allocution, Pierre-Frédéric Billet, maire de Dreux, a rendu hommage au général et surtout annoncé qu’il y aurait une rue ou une place qui portera son nom. « Nous avons décidé de ne donner que des noms de femmes aux rues et places de Dreux pour rattraper notre retard. Mais, nous ferons une exception pour le général Faivre ». Pour l’heure, le choix de la place ou la rue n’est pas fait : il se fera en concertation avec les associations.

Valérie Beaudoin

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