Le Royaume-Uni se penche sur la position dominante d’Amazon, Microsoft et Google dans le cloud


L’Office of communications (Ofcom), l’équivalent britannique de l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom), ouvre ce 22 septembre une enquête sur le marché du cloud au Royaume-Uni. L’objectif est de déterminer si l’ultra présence d’Amazon, Microsoft et Google pourrait étouffer la concurrence et empêcher de nouveaux acteurs de rentrer dans ce secteur. 

 


81% des recettes captées par trois acteurs


Les chiffres sont sans équivoque : Amazon Web Services (AWS), Microsoft Azure et Google Cloud génèrent près de 81% des revenus du marché britannique des services d’infrastructure de cloud public. D’après Synergy Research Group, en 2021, AWS représentait 40%, Azure 25% et Google Cloud 16%.

Pour alimenter ses recherches, l’Ofcom va solliciter les acteurs du marché ainsi que les personnes intéressées. D’ici un an, un rapport final avec des recommandations sera publié, précise l’autorité. Celle-ci a le pouvoir de prendre plusieurs mesures, telles que faire des recommandations au gouvernement pour modifier la réglementation, faire un renvoi d’enquête à la Competition and Markets Authority (CMA) ou encore accepter des engagements par les acteurs visés par la procédure.


Une consultation ouverte en France


Les questions soulevées par l’Ofcom dépassent largement les frontières. En France, l’Autorité de la concurrence s’est saisie pour avis en janvier dernier afin d’évaluer la situation concurrentielle dans le secteur du cloud. En juillet, elle a ouvert une consultation publique qui vient de se clôturer afin de recueillir les observations de toutes les parties prenants. Elles étaient invitées à se prononcer sur la délimitation des marchés pertinents et les pratiques mises en oeuvre ou susceptibles d’être mises en oeuvre dans le secteur. 

Les entreprises du secteur s’attaquent également entre elles. C’est ainsi qu’un groupe d’entreprises, dont OVHcloud, fait partie a déposé un recours contre Microsoft devant la Commission européenne l’accusant d’abus de position dominante. Plus précisément, la plainte porte sur la façon avec laquelle Microsoft accorde ses licences pour ses produits, tels que sa suite Microsoft 365 (anciennement Office 365).

Cette dernière est préinstallée dans Windows, ce qui lui offre un avantage déterminant face aux offres concurrentes. Cette critique n’est absolument pas nouvelle et a déjà valu deux plaintes au géant américain. Une coalition d’une trentaine d’entreprises et d’organisations, baptisée “Coalition for a Level Playing Field”, l’a accusé de favoriser OneDrive, son outil de stockage en ligne, et sa solution de discussion en groupe Teams.

Slack, entreprise éditrice d’un logiciel de discussion éponyme rachetée par Salesforce en décembre 2020, avait également épinglé Microsoft devant l’exécutif bruxellois en juillet 2020. Il “a illégalement associé son produit Teams à la suite bureautique Office qui a une position dominante sur le marché“, arguait-il à cette époque dans un communiqué. Ce faisant, il “oblige des millions de clients à installer Teams, bloque sa suppression et cache le coût réel pour les entreprises” utilisatrices d’Office.

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