le maire de Saint-Etienne se met en congés de ses fonctions à la métropole

Le début de la fin ? Gaël Perdriau, le maire LR de Saint-Etienne, a annoncé, ce jeudi 21 septembre, se mettre en congés de ses fonctions de président à la métropole de Saint-Etienne. L’édile est impliqué dans l’affaire de chantage à la sextape qui secoue sa ville depuis fin août. L’élu de 50 ans ne présidera pas le prochain conseil métropolitain prévu le 29 septembre, et n’assurera plus ses fonctions de représentation extérieure, a expliqué Christophe Faverjon, le maire communiste d’Unieux (Loire) après une réunion des vice-présidents de la métropole. Cette solution est « le fruit d’une réflexion collective » dans « le respect de la justice et de son rythme » dans le but de « préserver la métropole » des perturbations liées à cette récente affaire de chantage à la vidéo intime.

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Cette annonce intervient deux jours après le licenciement de son directeur de cabinet, Pierre Gauttieri, impliqué comme lui dans cette affaire de chantage à la vidéo intime, désormais en cours d’enquête judiciaire à Lyon. Tous deux sont sous pression depuis l’éclatement de ce scandale, le 26 août 2022. À cette date, un ancien proche de la municipalité a fait des confessions très détaillées sur ce « barbouzage de mœurs » sur le site Mediapart. Le 13 septembre, Gaël Perdriau et Pierre Gauttieri ont été placés en garde à vue soupçonnés d’avoir tenté de faire chanter l’ex-premier adjoint centriste, Gilles Artigues, manifestement ciblé parce que ses ambitions politiques inquiétaient la majorité municipale à Saint-Etienne avant le scrutin de 2020.

« Détermination »

L’enquête judiciaire ouverte à Lyon après la plainte de Gilles Artigues le 29 août dernier, concerne le tournage et l’usage d’une vidéo tournée en janvier 2015. Ce dernier, connu pour son engagement catholique et ses positions très conservatrices, a été filmé à son insu dans une chambre d’hôtel à Paris en train de se faire masser par un homme. La machination aurait été imaginée notamment par Samy Kéfi-Jérôme, élu municipal LR et ancien vice-président de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

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Jusqu’à présent, Gaël Perdriau niait toute implication dans cette affaire. Bien que Mediapart ait révélé, le 6 septembre dernier, des extraits de conversation prouvant que l’édile était au courant du chantage exercé contre son ancien premier adjoint, il n’a cessé de balayer toutes les preuves d’un revers de main. Le maire avouait alors connaître l’existence de cette « rumeur », mais depuis seulement quelques semaines avant la date de l’enregistrement, en avril. Au sein de la métropole, des élus locaux et nationaux, dans son camp et dans l’opposition, mais aussi des acteurs économiques locaux demandaient la « mise en congé » du maire de ses fonctions électives le temps de l’enquête. Malgré la « détermination » de Gaël Perdriau, c’est désormais chose faite.

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