Le Festival Cinémondes à Berck-sur-Mer du 7 au 9 octobre 2022

La 18e édition du film indépendant de Berck-sur-Mer mettra à l’honneur du 7 au 9 octobre 2022 le cinéaste et producteur Robert Guédiguian. Un évènement qui promet d’être dense.

News : Après Ken Loach en 2021, le Festival Cinémondes propose de redécouvrir cette année l’œuvre d’un autre grand cinéaste de notre temps. Un réalisateur de convictions, de passions et d’engagements : Robert Guédiguian.

Fils d’un ouvrier électricien travaillant à bord des bateaux dans le port de Marseille, Robert Guédiguian célèbre depuis quarante ans sa ville natale, particulièrement le quartier de l’Estaque où il a grandi. Il y scrute l’histoire de ceux qu’il appelle, en référence à Victor Hugo, les “pauvres gens” : ouvriers, salariés, petits patrons, chômeurs, déclassés.

Depuis ses débuts, Robert Guédiguian travaille avec le même collectif d’interprètes et très souvent les mêmes techniciens. Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin et Gérard Meylan sont ses acteurs de prédilection et ont pratiquement tourné dans tous ses films. Revoir l’œuvre de Robert Guédiguian, c’est l’expérience unique, poétique et bouleversante, de voir vieillir à l’écran les figures et les corps d’une troupe, qu’il s’est constituée dès le départ, et que de films en films nous avons le bonheur de retrouver, presque comme une famille qui jouerait à nous raconter des histoires de la vie, du monde et des autres. De sociétés et de quartiers en mutations.

Ses premiers longs métrages, Dernier été (1981), Rouge Midi puis Ki lo sa ? (1985), Dieu vomit les tièdes (1991), L’Argent fait le bonheur (1993) et À la vie, à la mort ! (1995), sont salués par la critique. Le grand public le découvre avec Marius et Jeannette récompensé du « Prix Louis-Delluc » et du « Prix un Certain Regard » au Festival de Cannes 1997. Parmi les dix-huit films réalisés à Marseille, on retrouve aussi À la place du cœur (1998) primé au festival de San Sebastián, À l’attaque ! (2000) et La Ville est tranquille sélectionné à la Mostra de Venise 2000. Avec Marie-Jo et ses deux amours, Robert Guédiguian obtient une sélection officielle à Cannes et Ariane Ascaride est nommée au César de la meilleure actrice en 2003, quatre ans après reçu ce prix pour Marius et Jeannette. Suivront Mon père est ingénieur (2004), Lady Jane sélectionné à la Berlinale 2008, Les Neiges du Kilimandjaro sélectionné à Cannes 2011 et Au fil d’Ariane (2014). La Villa (2017) et Gloria Mundi (2019) sont présentés à la Mostra de Venise où Ariane Ascaride reçoit la « Coupe Volpi de la meilleure interprétation féminine » en 2019. Robert Guédiguian monte son dernier film en date tourné à Marseille, Et la fête continue qui sortira en 2023.

En vingt-deux films, Robert Guédiguian s’est rarement éloigné de l’Estaque et de Marseille. Il quitte cependant le sud de la France pour tourner à Paris Le Promeneur du Champs-de-Mars en 2005 sur la fin de vie de François Mitterrand, avec l’immense Michel Bouquet (qui recevra le César du meilleur acteur), puis en Arménie pour Le Voyage en Arménie en 2006. Après avoir découvert le pays de ses origines en 2000 avec Ariane Ascaride, il écrit en 2009 L’Armée du crime sur les Francs-tireurs et Partisans (FTP-MOI), unités de la Résistance communiste sous l’occupation allemande à Paris. Suivront Une histoire de fou (2015) tourné en Arménie et au Liban sur les conséquences du génocide arménien, puis Twist à Bamako (2021) au cœur de l’ébullition révolutionnaire qui suivit l’indépendance du Mali en 1962.

Dans son cinéma, comme dans son activité de producteur, plane l’idée utopique que l’art conscient de lui-même peut changer le monde, sans que l’artiste lucide néglige d’intervenir directement dans le débat public, à l’instar d’un Pier Paolo Pasolini, auteur de référence (avec Ken Loach !), dont il présentera au Cinos de Berck le film Accattone (1961).

Une exposition de photographies de tournages accompagnera cette programmation spéciale à Berck.

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