Le Courrier du Sud | Rendez-vous national en développement des communautés

Martin Boire (Photo: Gracieuseté – Frédérique Ménard)


Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler d’un événement qui n’a pas fait la une des journaux, mais qui pourtant pourrait revêtir une certaine importance pour notre avenir collectif : le Rendez-vous national en développement des communautés qui s’est tenu du 31 octobre au 4 novembre dernier.

Martin Boire

Directeur général de la Corporation de développement communautaire de l’agglomération de Longueuil

Une semaine où plusieurs acteurs et actrices des milieux communautaires, institutionnels, de l’économie sociale, des élus et des écologistes se sont rencontrés et ont échangé afin d’imaginer comment le développement de nos communautés peut répondre aux besoins de tous et toutes, aujourd’hui et dans l’avenir.

Un mandat titanesque qu’on s’est donné, et vous l’aurez compris, qui ne pouvait trouver de réponses satisfaisantes et définitives en seulement une semaine. C’est un premier pas qui a été effectué afin de relever les défis qui nous attendent : les inégalités sociales se creusent, les changements climatiques affectent de façon disproportionnée les personnes vulnérables, les pandémies risquent de se succéder à un rythme effréné.

Ces quatre journées nous ont donc permis de rencontrer des femmes qui se sont lancées en politique municipale afin de tasser des élus d’une autre génération qui ne pensent qu’en termes de développement immobilier et d’impôt foncier. Nous avons rencontré de nombreux organismes communautaires qui font preuve de créativité afin de répondre aux besoins de plus en plus complexes des populations vulnérables. 

Nous avons pris conscience de l’importance de se connaître et de se reconnaître. La nécessité d’établir des liens de confiance entre les différents acteurs afin d’accroître notre travail collectif. Car effectivement, aucune organisation ni aucun palier politique ne peut répondre à lui seul aux défis sociaux des prochaines décennies.

Nous avons constaté que les solutions les plus porteuses doivent être mises en place à petite échelle, à proximité de ceux et celles qui les utiliseront. Par contre, les communautés locales ont besoin de leviers financiers pour concrétiser leurs rêves, et pour que ces investissements deviennent le nerf de la paix plutôt que celui de la discorde, il y a des conditions à respecter : de la souplesse et de la flexibilité, l’espace et le temps pour coconstruire les projets, et des investissements sur une période suffisamment longue. Après tout, pour citer notre chef de police Fady Dagher, on ne peut sauver un enfant en une seule année, il faut en investir cinq, dix, voir même davantage.

Alors quel sera l’héritage de ce rendez-vous national? La mise en place de grands chantiers de travail sur l’équité territoriale, la transition socioécologique, les ancrages financiers et le renforcement de nos pratiques. Toutefois, si nous voulons effectuer cet important virage vers une société plus solidaire qui se soucie de ses écosystèmes, nous devons être plus nombreux à nous y investir. Les citoyennes et citoyens doivent investir ces lieux de réflexion et les modeler à leur image, afin qu’ils répondent réellement à leurs aspirations.

Pour en apprendre davantage sur cette démarche: https://collectifpdc.org/etats-generaux/la-demarche-des-etats-generaux/ 

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