Le cinéma sénégalais au Festival international du film de femmes

La quinzième édition du Festival international du film de femmes de Salé (FIFFS), qui se poursuit jusqu’au 1er octobre, est marquée par une belle programmation Spécial Afrique. Parmi les films projetés, plusieurs sont signés par des réalisatrices du Sénégal, invité d’honneur de cette édition. Le public a ainsi découvert un panorama d’œuvres cinématographiques abordant la société africaine. Il s’agit, entre autres, de «Congo, un médecin pour sauver les femmes» de Angèle Diabang. Sorti en 2014, ce documentaire fait focus sur le travail de l’obstétricien congolais Denis Mukwege, distingué pour son travail auprès des femmes victimes de sévices sexuels en République démocratique du Congo. Le film met en lumière le travail d’un médecin qui aide des femmes en souffrance, violées par des groupes armés dans la province du Sud-Kivu. Ce film, qui lui donne la parole, ainsi qu’aux soignants et à leurs patientes, est un cri à la face du monde. Le documentaire traite le viol avec sensibilité et attire l’attention sur des femmes humiliées et oubliées. Surnommé «L’homme qui répare les femmes», Denis Mukwege a reçu de nombreuses distinctions pour son engagement contre les mutilations génitales pratiquées sur les femmes en République démocratique du Congo, dont le prix Sakharov en 2014 et le prix Nobel de la paix en 2018.

Le public du FIFFS avait aussi rendez-vous avec «Des étoiles» de Dyana Gaye. L’émigration est le thème principal de ce beau triptyque qui décortique la société sénégalaise et sa diaspora. Tourné à Dakar, Turin et New York, le film raconte les destins croisés de Thierno, Sophie et Abdoulaye. Des premières désillusions aux rencontres décisives, leur voyage les mènera à faire le choix de la liberté. Dans son film, Dyana Gaye présente les valeurs culturelles des migrants africains polyglottes. «On a le temps pour nous» de Katy Léna Ndiaye est l’autre film représentant le cinéma sénégalais au FIFFS. En octobre 2014, la révolte du «Balai Citoyen» a conduit au renversement de l’ancien président burkinabé, Blaise Compaoré. Le rappeur Serge Bambara (alias Smockey) faisait partie des insurgés. Il est aujourd’hui considéré comme l’un des orchestrateurs de ce changement politique. Le film plonge le public dans son quotidien de leader et d’artiste, inspiré par Thomas Sankara.