Le cinéma dans les starting-blocks pour les nominations ce mercredi

Après les nominations aux Oscars, c’est au tour du cinéma tricolore d’annoncer mercredi la liste des cinéastes, interprètes et films en lice pour les César, un mois avant la grand-messe du 7e art français à l’Olympia. Qui pour succéder à « Illusions Perdues », le vainqueur de l’an passé avec sept trophées, dont celui du meilleur film ? La liste des nommés dans les 24 catégories doit être publiée dans la matinée. Les 4.705 membres de l’Académie, dont 44 % de femmes, auront ensuite un mois pour voter, avant la cérémonie de remise des prix, le 24 février.

Au terme d’une année contrastée pour le cinéma français, pas encore remis de la pandémie, quelque 260 films tricolores sont éligibles, dont certains ont tiré leur épingle du jeu. C’est le cas du réalisateur Cédric Klapisch, qui s’est attiré les faveurs de la critique et du public avec « En Corps » (1,3 million d’entrées), l’histoire d’une danseuse classique (jouée par Marion Barbeau de l’Opéra de Paris) qui se reconstruit après une blessure. Ainsi que de Louis Garrel, qui a fait la quasi-unanimité avec « L’Innocent », une comédie policière réjouissante dont il partage l’affiche avec Noémie Merlant.

Autre réalisateur remarqué cette année : Dominik Moll et sa « Nuit du 12 », présentée à Cannes. L’auteur de « Harry, un ami qui vous veut du bien » (César du meilleur réalisateur en 2001) pourrait revenir sur le devant de la scène avec cette enquête sur un féminicide qui en dit autant sur le crime que sur le machisme dans la police. Les membres de l’Académie n’oublieront probablement pas non plus une cinéaste à l’œuvre exigeante : Alice Diop et son « Saint-Omer » encensé par la critique internationale, mais qui n’a finalement pas été retenu mardi pour l’Oscar du meilleur film étranger.

Elsa Zylberstein et Virginie Efira favorites

Côté interprètes, le métier plébiscitera-t-il autant que le public Elsa Zylberstein et sa métamorphose en Veil dans le biopic « Simone » ? Virginie Efira, multi-nominée ces dernières années, est une concurrente sérieuse avec ses prestations dans « Les enfants des autres » et « Revoir Paris », l’un des films sur les attentats de novembre 2015 sortis cette année – dont elle partageait l’affiche avec Benoît Magimel, sacré l’an dernier.

Dans un genre moins psychologique, les interprètes de « Novembre » de Cédric Jimenez, Jean Dujardin, Sandrine Kiberlain ou Anaïs Demoustier, ont aussi leurs chances, tout comme Roschdy Zem (« Les miens » et « Les enfants des autres »). La partie s’annonce bien plus délicate pour « Les Amandiers », de Valéria Bruni-Tedeschi. La sortie du film a été accompagnée de révélations sur les mises en examen pour viols de son acteur principal, et compagnon de la réalisatrice, Sofiane Bennacer.

La question des violences sexuelles

L’Académie, qui cherche depuis plusieurs années – et au prix d’un profond renouvellement – à en finir avec les accusations d’entre-soi et de complaisance par rapport aux auteurs de violences sexuelles, prendra-t-elle le risque de nommer le film et sa réalisatrice, qui admet avoir été au courant de ces accusations pendant le tournage ?

En théorie, rien n’empêche Sofiane Bennacer, pas plus que Gérard Depardieu ou Ary Abittan, également mis en examen pour des viols qu’ils contestent, d’être nommé, bien qu’il ait été écarté de la liste indicative des « espoirs ». Dans cette hypothèse, improbable, l’Académie a déjà annoncé un cordon sanitaire : aucune personne mise en cause « par la justice pour des faits de violence » ne sera « mise en lumière » lors de la cérémonie. Et aucune prise de parole autorisée, même si la personne recevait in fine un César.

Côté paillettes, la soirée présidée par Tahar Rahim, qui doit remonter la pente après des audiences encore désastreuses l’an dernier (1,3 million de téléspectateurs), sera présentée collégialement avec neuf maîtres et maîtresses de cérémonie, d’Emmanuelle Devos à Eye Haïdara, en passant par Alex Lutz et Ahmed Sylla.