le camp de Bias, le combat des femmes et filles de Harkis dans Débadoc

Débadoc se penche l’histoire du camp de Bias, dans le Lot et Garonne, où ont été parqués des milliers de Harkis au lendemain des accords d’Evian. Des hommes, supplétifs de l’armée française en Algérie, mais aussi leurs femmes et leurs familles.

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Fille de Harki, née dans le camp de Bias (Lot-et-Garonne), Dalila Kerchouche, dans le documentaire “Bias, le camp du mépris”, retrace l’histoire de ce centre, l’un des plus durs de France, à travers le regard et la parole de quatre femmes.

Débadoc, votre émission de débat, élargit le récit de la réalisatrice pour rendre la parole aux femmes, les remettre dans la lumière, elles qui, dans l’Histoire, ont longtemps été occultées. 

Pour les femmes, ça a été extrêmement violent, car souvent, elles n’ont pas choisi, elles ont subi ce départ [d’Algérie]”, explique la réalisatrice Dalila Kerchouche.

Car à leur arrivée en France un autre combat commence, après le cessez-le-feu : survivre, dans des logements insalubres, cachées derrière des barbelés dans un camp devenu lieu de relégation et symbole de la ségrégation officielle.

Pour la mère de la réalisatrice, le salut vient de l’école pour ses enfants. Elle décide de quitter le camp de Bias. Sa fille témoigne : “Elle a très vite compris que la clé c’était l’éducation et l’école, un passeport pour ses enfants”.  Cette décision permet à la famille de s’éloigner de ce camp d’internement devenu camp de la honte et d’espérer un avenir meilleur.

Cette décision est d’une importance capitale pour l’historienne Katia Khemache. “Si le combat revendicatif pour les droits des Harkis a été une affaire d’hommes et de garçons, c’est par les femmes que s’est forgé le récit qui a soudé la communauté.

François Thébaud, également historienne, inscrit ce passage dans le cadre plus large de la place des femmes dans l’histoire. Car pour elle, “les femmes sont les gardiennes de la mémoire familiale, elles sont actrices de l’histoire dans une forme de micro-résistance“, qui produit des effets sur le long terme. Bien longtemps après des événements douloureux comme les guerres ou les révolutions.

 

Les invités de Débadoc :

  • Dalila Kerchouche, réalisatrice, journaliste, auteure
  • Katia KHEMACHE, docteure en histoire
  • Françoise Thébaud, historienne 
  • François Aymé, commissaire général du Festival du Film d’Histoire de Pessac 

Présentation :  Sandrine Papin

 

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