Le bail réel solidaire bientôt testé pour la première fois à Strasbourg

Deux nouveaux immeubles sont prévus pour 2025 dans le quartier des Deux-Rives à Strasbourg. Le bail réel solidaire y sera proposé.

Acheter un logement jusqu’à 30% voir 40% moins cher que les prix du marché? C’est possible grâce au bail réel solidaire (BRS). C’est un dispositif d’accession à la propriété qui permet de réduire le coût d’acquisition d’un bien immobilier en dissociant le foncier du bâtiment lui-même.

Versement d’un “loyer” pour le sol

Dans le quartier des Deux-Rives à Strasbourg, deux nouveaux immeubles vont sortir de terre en 2025. Une trentaine de logements que les futurs propriétaires pourront acheter en bail réel solidaire, une première à Strasbourg.

“Un appartement de 50m2, on va être entre 150.000 et 200.000 euros alors que si on était dans une situation normale, on serait entre 250.000 et 300.000 euros”, explique Jean Werlen, président de la société publique locale des Deux-Rives, au micro de BFM Alsace.

“On paye tous les mois pour le stationnement de son appartement sur le foncier”, vulgarise ce dernier, en expliquant que les “pays du Nord font ça depuis des années”.

Tous les mois, le propriétaire versera donc une redevance “de la valeur du sol” à l’OFS (Organisme de foncier solidaire). Dans ce projet, le prix au m2 reviendra à 1,50 euros. “C’est-à-dire que si vous avez un trois pièces de 65m2, vous payez à peu près 100 euros par mois, en plus du remboursement du prêt que vous avez contracté pour le logement”, détaille Eric Hartweg, directeur général SERS Alsace/SPL Deux-Rives Strasbourg, invité de BFM Alsace ce mardi.

Des critères de ressources

Dans ce projet, c’est l’OFS Alsace qui est propriétaire “à vie” du foncier. “Quand vous achetez votre logement, c’est pour une durée de 80 ans avec l’OFSA. Vous avez la possibilité de le revendre ou de le transmettre à vos descendants, sous conditions de ressources”, prévient Eric Hartweg.

Car pour bénéficier de ce dispositif, il faut remplir des critères de ressources. “Par exemple, pour un ménage avec un enfant, le plafond est d’un peu moins de 40.000 euros”, assure ce dernier.

Pour autant, le directeur général SERS Alsace/SPL Deux-Rives Strasbourg, assure que le dispositif reste avantageux, “ça ne s’appelle pas solidaire pour rien”, note-t-il.

À noter que le logement ne peut être acheté pour faire de la location. Le prix de revente est également encadré.