La technologie en partie française qui permettrait de réduire les embouteillages

L’homme est imparfait, et c’est ce qui en fait son charme diront certains. Mais l’imperfection mène, sur la route, à des situations parfois compliquées où l’être humain, incapable d’écarter sa propre personne au profit du collectif, va engendrer… des embouteillages. Un phénomène que la machine, dépourvue de tout sentiment et teintée d’une approche froide scientifique, saurait éviter très facilement. C’est l’un des atouts majeurs de la conduite autonome, ou en tout cas telle qu’elle peut l’être vendue par les constructeurs, qui regarderont probablement de très près les résultats de ces tests réalisés par le consortium Circles (Congestion Impacts Reduction via CAV-in-the-loop Lagrangian Energy Smoothing). Un nom complètement barbare qui se résume très simplement : la réduction des embouteillages par le système mathématique lagrangien. Tout un programme !

L’homme à l’origine des embouteillages ?

Le régulateur de vitesse n'a cessé de progresser, mais il pourrait encore rendre bien plus de services !
Le régulateur de vitesse n’a cessé de progresser, mais il pourrait encore rendre bien plus de services !© DR

Combien de fois vous êtes-vous demandés d’où pouvait bien venir l’embouteillage dans lequel vous êtes englués ? Parfois, il n’y a aucune cause réelle. Pas d’accident, de réduction du nombre de voies ou d’évènement particulier : le ralentissement est dû aux fameux effet accordéon avec des automobilistes trop proches les uns des autres, et des à-coups (accélérations/freinages) engendrant les arrêt parfois complets.

Voiture autonome : en cas d’accident, qui est responsable ?

Dans un test réalisé il y 5 ans sur 20 voitures et sur une piste fermée, il a été démontré qu’une seule voiture équipée d’un algorithme de contrôle a modifié le comportement de conduite de toutes les autres voitures atténuant la dynamique des arrêts et des redémarrages qui conduisent souvent à des embouteillages sans cause évidente“, précise le communiqué de l’Ecole des Ponts Paris Tech, qui a envoyé un chercheur et un doctorant français aux Etats-Unis pour développer des intelligences artificielles capables de prendre la main sur l’homme et d’éviter ces embouteillages inutiles.

Depuis 2020, Amaury Hayat, chercheur au CERMICS, est membre de la “leadership team” du projet. Il a coconçu deux des quatre algorithmes utilisés dans les voitures. Nathan Lichtlé, qui poursuit une thèse en cotutelle École des Ponts ParisTech/Université de Berkeley, travaille également sur le sujet et a co-conçu les deux autres algorithmes (dont le principal). Ces algorithmes utilisent des méthodes de pointe en théorie du contrôle et intelligence artificielle (apprentissage par renforcement) pour comprendre le comportement du trafic et agir en conséquence“.

Une sorte de train personnel

Le test a déjà été fait en conditions réelles : entre le 14 et le 18 novembre dernier, une “centaine” de véhicules équipés d’un régulateur de vitesse intelligent imaginé par les chercheurs ont été mis au milieu de la circulation entre 5h et 10h30. Un tronçon long de plus de 6 km choisi pour la présence de 300 capteurs sur le bord de la route. Des capteurs indispensables pour que la gestion intelligente de la vitesse des véhicules se fasse.

Nous avons évidemment hâte de connaître le résultat, d’autant plus qu’il y aurait un gain immédiat de consommation de carburant. Mais à ce stade, peut-on encore parler d’automobile ? La gestion de la vitesse par des unités centrales et le flux de véhicule s’apparenterait presque à une tour de contrôle aérien ou une centrale d’aiguillage pour les trains. D’ailleurs, la voiture autonome serait un peu comme une sorte de train personnel !