La représentation du féminin (Libreville, Gabon)

Colloque international de Libreville

« La représentation du féminin » 

les 26, 27 et 28 avril 2023.

La représentation (du latin repraesentatio) se définit comme l’action de placer quelque chose devant les yeux de quelqu’un. La représentation renvoie toujours au processus et à la forme par lesquels une « réalité » matérielle ou immatérielle, réelle ou fictive, se trouve montrée. Si la représentation est l’action de représenter une chose ou une personne, de rendre présent ce qui est absent, il permet alors de mettre sous nos yeux le résultat de l’acte de représenter. La notion de représentation renvoie donc aussi bien à l’acte de représenter (rendre sensible), qu’à l’acte de substituer (remplacer). En effet, la représentation peut désigner la substitution, le fait de présenter à nouveau ou de présenter un objet absent au moyen d’un langage. On peut avoir un ensemble de représentations changeantes susceptibles d’être lues à travers divers points de vue : langages, peuples, époques ou sociétés. Il s’agit, selon son milieu social, d’adhérer à tel système de représentations plutôt qu’à un autre. D’ailleurs, le sens du mot représentation varie sensiblement selon le contexte. La représentation est communément associée à l’image dans le cadre de la rhétorique et, l’écriture est la représentation du langage. La représentation du féminin serait alors la manière (dépréciative ou laudative) dont la femme est imaginée, perçue, re-présentée, vue. De fait, le langage est la représentation de la pensée si bien que l’admiration vouée à une personne implique un discours de valorisation sur elle (Ondo M., 2019, p.469).

En géographie, une carte est une représentation graphique d’une région. On peut alors examiner comment, dans des régions géographiques données, l’image, la figure ou le symbole du féminin permet de représenter un phénomène, un concept, une idée. C’est ainsi qu’on parle de géographie sociale du genre, de géographie féministe, de représentation des femmes dans les manuels d’histoire/géographie, de l’écriture de l’espace au féminin… Suivant les différentes acceptions du concept de représentation, le terme « représenter » renferme en lui-même, différents modes de représentation propres à chaque manière de voir, de lire et de comprendre le féminin.

En didactique, on pourra mettre en exergue les systèmes de connaissances mobilisés implicitement en vue de bâtir un modèle représentatif du genre féminin susceptible de faire l’objet d’un enseignement. De ce point de vue, il sied de se pencher sur des représentations du féminin dans des situations à usage didactique.

En linguistique, on pourrait étudier comment les mots en tant que représentations langagières jouent avec les images figuratives dans la relation entre le signifiant et le signifié. Comment les systèmes de représentation du féminin distinguent ou réunissent le signe et le référent ? Par exemple, on peut étudier les décalages référentiels et symboliques, la réception des œuvres dans le dispositif représentationnel de la littérature. On pense bien sûr tout de suite aux travaux ayant mis en lumière le récit au féminin, cet énoncé métadiscursif permettant à la femme d’être un thème de représentation, de réflexion.

Les arts sont des motifs de représentation. Il s’agit de penser la représentation des objets, des personnages ou des idées par les arts (peinture, sculpture, dessin, photographie, gravure, littérature, etc.) Par exemple, la représentation d’une nature morte, une représentation fidèle de l’œuvre d’art ou d’un visage, la description d’une scène, d’un objet ou d’une personne dans une œuvre littéraire. De même, la représentation du féminin a également trait aux arts vivants, au spectacle (cirque, musique, chant, ballets sur une scène) dans un esprit de communion avec un public ou de communication au moyen de supports matériels (radio ou télévision).

Au théâtre, on est en représentation, on joue un rôle face aux spectateurs dans une attitude visant à donner aux autres une certaine idée de soi, à paraître sous un certain jour. La signification dramatique de la notion de représentation du féminin peut aussi signifier l’exhibition publique d’une personne, un moyen d’attirer l’attention par la mise en scène. Ainsi que peut-on dire des actrices en représentation, de la manière dont les femmes fabriquent, performent une certaine image d’elles-mêmes.

En philosophie, il est capital de méditer sur la vision, l’image ou la perception des êtres, des choses en ce sens qu’elles peuvent constituer une réflexion concernant la recherche scientifique, les créations imaginées, les innovations technologiques etc. Il faut surtout réfléchir sur l’action qui permet de rendre quelque chose présent à l’esprit, de reproduire en l’homme des images, de concrétiser une pensée, au moyen des sens ou de la mémoire.

En psychologie, on parle de représentation mentale, de métaphore obsédante, d’image mémorisée que se fait un sujet à propos d’une pensée, d’un concept, d’une situation, d’une scène, d’un objet, d’une personne. On peut aborder des questions liées aux jugements parfois sans fondement que les personnes portent sur les femmes-victimes et paradoxalement, l’image positive que l’on attribue aux bourreaux. Est-ce le fruit d’un conditionnement mental ou des représentations sociales ?

En sociologie, on se pencherait sur l’imaginaire social en tant qu’il s’organise en représentations fictives ou sur l’action ou le fait d’agir ou de parler au nom d’une ou de plusieurs personnes, de les représenter. Par exemple, un représentant est mandaté pour prendre la place d’un autre et pour agir en son nom. Donc, en société, il sied d’étudier la manière de vivre d’une personne et lorsqu’elle n’est plus soumise au regard d’autrui. Aussi, la représentation sociale est-elle perçue comme un « système cohérent, dynamique de représentations du monde social » (Kalifa D., 2013, p. 20).

En politique, on peut examiner le fait de représenter des électeurs, d’être leur mandataire dans une assemblée élective pour exercer leurs droits et défendre leurs intérêts. Aux élections, on peut parler du taux de représentativité. la représentativité est le caractère de ce qui est représentatif, c’est-à-dire qui représente bien les choses ou les personnes d’un ensemble plus large, de la même catégorie, ayant les mêmes caractéristiques. En politique ou dans les organisations, la représentativité est le caractère reconnu à une personne, à un syndicat, à un parti ou à un groupe organisé pour représenter ses mandants. Elle donne la possibilité de parler ou d’agir en leur nom pour défendre leurs intérêts et leurs aspirations.

En statistique, il conviendrait de souligner la représentativité des femmes dans un cadre donné en tenant compte de la qualité d’un échantillon qui les représente dans des domaines spécifiques, par des caractéristiques ou dans l’ensemble de la population. Il faut pour cela que les statistiques que l’on peut en tirer soient fiables et donnent une bonne représentation des faits à démontrer.

Le colloque se charge d’examiner les modalités de la pratique de la représentation du féminin que ce soit en littérature (poésie, théâtre, roman), en géographie, en philosophie, en histoire, en sociologie, en psychologie ou dans les arts (peinture, sculpture). En fin de compte, la représentation peut revêtir plusieurs acceptions.

Axes thématiques

Organisé les 26, 27 et 28 avril 2023, le colloque attend vos propositions de communication qui pourront suivre les axes suivants, donnés à titre indicatif et non exhaustif :

Représentation du féminin et interdisciplinarité.
Représentation du féminin et sciences de l’éducation. 
Représentation (s) du féminin en littérature. 
Représentation (s) du féminin en géographie. 
Représentation (s) du féminin en sociologie. 
Représentation (s) du féminin en psychologie. 
Représentation (s) du féminin en économie. 
Représentation (s) du féminin en droit. 
Représentation (s) du féminin en politique.
Représentation (s) du féminin dans les arts.
Histoire de la représentation des femmes.
Récits au féminin.

Il s’agira d’interroger le rapport qu’entretient la représentation de l’objet du discours et sa traduction en une intention laudative ou dépréciative. Il est aussi possible d’examiner le chant comme un discours philosophique à travers des textes. Les représentations obéissent-elles à des conventions esthétiques ? Comment conçoit-on la beauté ? Comment comprendre la relation entre la représentation du féminin et le théâtre ? Comment l’image de la femme est retravaillée dans les romans, les récits ou les nouvelles ? Quelle est la place du « féminin » dans nos sociétés contemporaines ? Les articles peuvent aussi concerner toutes traditions poétiques, sans restriction quant à l’époque. Ce colloque international voudrait apporter des réponses aux questions qu’il soulève.

Mots-clés : peinture, arts, histoire, philosophie, politique, théâtre, roman, rhétorique, poésie, stylistique, esthétique, psychologie, sociologie, représentation du féminin, représentation et genre.

Vous pouvez adresser vos propositions de communications jusqu’au 25 décembre 2022 à l’adresse mail suivante : [email protected]

Les exposés, pendant le colloque, se feront sous la forme d’interventions orales de 15 à 20 minutes en français, espagnol ou anglais.

Les propositions de communications doivent nous parvenir sous la forme suivante : un texte accompagné d’une courte biobibliographie.

Langues du colloque : français, espagnol ou anglais.

La date limite de soumission des propositions : le 25 décembre 2022.

La notification des propositions retenues : le 27 janvier 2023.

L’envoi des textes définitifs pour publication d’actes de colloque : le 30 juin 2023.

Fiche d’inscription:

Nom/ Prénom

Ancrage institutionnel

Adresse, tél., courriel

Titre de la communication

Aire thématique

Résumé en une page

Les frais d’inscription pour la participation au colloque sont de 50.000fcfa pour les enseignants-chercheurs et 20.000fcfa pour les doctorants.

Bibliographie

[1] Dominique Kalifa, Les bas-fonds. Histoire d’un imaginaire, Paris, Seuil, «L’univers historique », 2013. 

[2] Évelyne Pisier, Sara Brimo Le droit des femmes, 2e édition, Paris, Dalloz, 2019. 

[3] Ferdulis Zita Odome Angone, Femmes noires francophones, Une réflexion sur le patriarcat et le racisme aux XX-XXIe siècle, Dakar, éditions Aka-Hermann, 2020.

[4] Karen Horney, Georgette R. Harold K., La psychologie de la femme, Paris, Payot, 1978. 

[5] Marina Myriam Ondo, Les femmes écrivains gabonaises, Paris, éditions complicité, 2019.

[6] Michelle Zancarini-Fournel, Histoire des femmes en France, xixe-xxe siècle, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2005.

[7] Pierre Bourdieu, « La représentation politique. Éléments pour une théorie du champ politique », Actes de la recherche en sciences sociales, 36-37, 1981. 

[8] Daouda Pare, Élisabeth Yaoudam, Nadia Setti, Métamorphoses féminines – Émergence et évolutions dans les littératures francophones contemporaines, Paris, Éditeur Archives Contemporaines, 2019. 

Protocole de rédaction

Les articles doivent comporter au moins 12 pages. Merci de limiter les articles à 15 pages et de respecter les normes suivantes :

1- Times corps 12 pour le texte et les citations courtes (moins de 3 lignes incluses dans le texte et mises entre guillemets d’imprimerie français ou « chevrons »). Les citations étrangères se composent en italique (mais les guillemets qui les contiennent – appartenant au texte principal – restent en romain).

2- Compter un interlignage de 1,5 et prévoir une marge de 3 cm à droite. Ne pas employer la touche tabulation, pour un retrait ; pour le changement de paragraphe, utiliser seulement la touche Entrée.

3- Toute coupure au sein d’une citation doit être signalée par […] de même, tout raccord ou commentaire personnel doit être placé entre crochets.

4- Les guillemets employés pour les citations courtes et les mots cités empruntés à d’autres ouvrages sont les guillemets français, y compris pour les citations en langue étrangère (anglais) : « I see… »

5- Les guillemets anglais doubles (“…”) seront employés à l’intérieur d’une citation entre guillemets français.

6- Ne pas inclure la bibliographie en fin d’article. Inclure les références en note de bas de page. À la première occurrence, les références de l’article ou de l’ouvrage mentionnés sont données sous forme complète; elles sont données sous forme abrégée ensuite. Ces notes doivent être rédigées en Times corps 11.

7- Utiliser le format MLA pour les citations.