“La qualité de vie des habitants reste ma priorité”: les confidences du maire Jean Cayron en 2023 pour Roquebrune-sur-Argens

Il reçoit dans un bureau zen, avec un léger fond musical classique des plus relaxants. Jean Cayron semble décidé à aborder l’année 2023 sous le signe de la quiétude. Il faut dire que l’an dernier n’a pas été des plus reposants pour le maire de Roquebrune-sur-Argens. Durant une grande partie de 2022, il a affronté Frédéric Masquelier, le puissant président de l’agglomération qui englobe sa commune (Estérel-Côte d’Azur Agglomération, ou Ecaa).

Entre les deux hommes, les sujets de désaccord étaient nombreux et les amabilités ont fusé. Au pied du rocher, certains ne donnaient pas cher de l’écharpe tricolore de Jean Cayron et le voyaient même renoncer à son mandat. Mais il a tenu bon, effectuant en toute discrétion un travail de fond dont il compte bien tirer les bénéfices désormais pour sa commune. Pour lui, c’est sûr, 2023 sera une grande année. Celle qui verra plusieurs projets majeurs aller à leur terme.

Quels sont ces projets?

Nous avons par exemple sorti les plans et les études de l’école de la Bouverie. Et puis il y a tous les projets qui doivent être réalisés avec le concours de l’état via le programme “petites villes de demain” dont nous sommes lauréats et pour lequel nous avons signé une convention en octobre dernier. Cela comprend un volet stationnement important mais aussi le nécessaire contournement de la commune. Nous allons également déménager l’office de tourisme vers le centre, en lieu et place du Crédit Agricole.

Vous avez pris position pour le slow tourisme et contre le tourisme de masse…

Cette vision, nous ne la partageons pas avec toutes les communes de l’Est-Var. Le constat est clair : le tourisme de masse, nous l’avons déjà. Maintenant, ce sont les sportifs et les randonneurs que nous voulons attirer sur une période allant d’avril à novembre. Le principal élément sera la maison des terroirs. Elle sera financée en partie par l’Agglomération et comprendra de l’hébergement touristique. Le rocher est un élément important. Alors que rien n’avait été fait pendant des années, nous continuons d‘aménager ses abords. Il y aura un acrobranche. Cet été, nous devrions pouvoir compter sur quatre gardes forestiers financés par la Région pour surveiller nos espaces naturels. J’ai aussi un rêve, à plus long terme, de créer un axe de cyclotourisme entre notre commune et le Golfe de Saint-Tropez. Vincent Morisse semble intéressé.

Que comptez-vous faire pour améliorer le quotidien de vos administrés?

La qualité de vie des habitants est ma priorité. J’ai été élu par une partie des Roquebrunois pour être le maire de tous les Roquebrunois. Je ne fais pas de différence entre les administrés en fonction de leurs opinions politiques. Il y aura des aménagements du quotidien. Je pense notamment à celui qui va voir le jour autour du lac. Il s’agira d’un cheminement qui permettra d’en faire le tour. Il y aura des tables de pique-nique, des équipements sportifs. L’idée est de permettre aux mamans de profiter d’un espace naturel très agréable en venant à pied avec les poussettes, depuis le village, sur un trottoir protégé. Elles profiteront de cet espace comme les Fréjusiens profitent de la Base nature.

Vous vous félicitez volontiers d’avoir assaini les finances de la commune. Comment avez-vous fait?

Quand nous sommes arrivés, la situation était catastrophique puisque la dette était de 43,8 millions d’euros. Elle n’est désormais plus que de 37 millions. Nous nous sommes désendettés sans avoir à vendre de biens. Pour réaliser cela, nous avons renégocié tous les contrats, contrôlé tous les bons de commande, renoncé à des achats… J’ai passé des week-ends entiers à éplucher les comptes. Je suis l’un des rares maires qui n’a pas de budget de représentation. J’achetais moi-même mes pantalons avant d’être élu et je continue à le faire.

Nécessaire contournement

C’est le genre de projet qui permet de façonner totalement l’identité d’une commune. D’en changer l’ambiance, la nature. Jean Cayron ne rate jamais une occasion d’évoquer le contournement routier de la commune qu’il compte mener à bien avec le concours de l’état, via le programme “petites villes de demain”.

Pour le concrétiser, la ville a d’ores et déjà acquis des terrains.

L’objectif: dévier une grande partie des 14.000 véhicules qui traversent quotidiennement le centre-ville. “Nous y travaillons actuellement avec le Conseil départemental”, précise-t-il.

Le projet, c’est de mettre un rond-point à la chapelle Saint-Roch, à l’entrée Ouest du village et de relier les plateaux sportifs du collège en évitant le cœur de ville.

“La déviation nous permettra de mettre une grande partie de la traversée du village en sens unique. Nous en profiterons pour créer du stationnement et pour végétaliser les espaces publics. à terme, l’idée est aussi de rouvrir des commerces. Cela doit permettre de ramener de la vie. Par le passé, Roquebrune-sur-Argens a trop été une commune dans laquelle les gens ne faisaient que passer sans s’arrêter”.

Un autre village varois choisi comme inspiration

Quand on demande à Jean Cayron de quelle commune il compte s’inspirer, sa réponse ne se fait pas attendre: “Je pense à Vidauban. Depuis qu’ils ont leur déviation, ils ont pu réaménager leur centre-ville et d’avantage de monde s’arrête dans leur commune”.

Des parkings pour les touristes et les locaux


Grâce aux fonds du programme d’investissement “petites villes de demain”, Roquebrune va muscler son réseau de parking afin d’offrir aux visiteurs un meilleur accès à la ville et aux habitants de se garer près de leur domicile.

“Nous allons retravailler le boulevard Ferdinand Clavel et réaménager le parking du cimetière, précise Jean Cayron. En outre, nous allons réaliser un parking devant les Micocouliers et créer un autre entre la rue Notre-Dame et le lotissement Saint-Anne, sur un terrain communal. Pour des raisons réglementaires, il ne sera pas goudronné. En outre, nous avons planté des arbres et réaménagé le parking situé près du boulodrome. Nous avons identifié un déficit de stationnement. L’été nous disposons de deux parkings périphériques. Un à la chapelle Saint-Roch et l’autre à l’entrée Est du village, avec une navette pour assurer les liaisons. Cet été, nous essaierons d’avoir une calèche et une formule d’abonnement bon marché pour les habitants”.

Le duo Rachline et Masquelier

Interrogé sur la collaboration intense du maire RN de Fréjus et du maire LR de Saint-Raphaël, Jean Cayron répond: “S’ils fonctionnent bien ainsi, tant mieux. Mais que l’on ne me reproche pas mon amitié avec Renaud Muselier (le président de la Région Sud-Paca) ni mes bons rapports avec le président du département (Jean-Louis Masson, Ndlr). Je n’ai pas d’autre ambition que d’être maire Roquebrune”.