La ministre de la culture lance l’année du documentaire sur le Fipadoc !

L’Année du documentaire 2023 a fait l’objet d’un lancement officiel ce lundi 23 janvier au Fipadoc, festival international du Documentaire de Biarritz, par Rima Abdul Malak, ministre de la Culture.

L’année du documentaire à été lancée le 23 janvier 2023 © DR

L’Année du documentaire 2023 aura l’ambition de faire rayonner un genre déjà bien populaire auprès du public mais se donne aussi pour vocation d’engager des réflexions et des réformes sur les soutiens publics pour répondre aux enjeux d’écriture, de financement et de diffusion du documentaire. Cette filière audiovisuelle, porte étendard d’un savoir faire français, doit en effet pouvoir continuer à prospérer dans un contexte de plus en plus compliqué.

 

2022, l’année des belles réussites !

« Dans une société où les jugements à l’emporte-pièce sont légion, nous avons besoin de confronter les regards, de changer de perspectives. Avec le documentaire, à partir d’un regard porté sur l’intime, on transcende une situation et on en fait quelque chose d’universel. Le documentaire irrigue tous nos rapports à la société et éclaire notre vision… Il génère aussi un écosystème économique, porté par les régions, par un audiovisuel public incarné par France Télévisions et Arte, qui, a eux deux, représentent 73% du soutien dans ce secteur…

Sans ces modes de financement, l’écosystème ne serait pas aussi fort ni en mesure de soutenir les producteurs indépendants qui prennent des risques pour accompagner des réalisateurs. Mais les résultats et les réussites sont là … La panthère des neiges et ses 700 000 entrées en salle, Les enfants de daesh, aujourd’hui lauréat d’un international Emmy Awards, Flee, documentaire d’animation européen lauréat d’un Cristal et nommé aux Oscar »,  a souligné la ministre dans son discours de lundi.

 

Une diversité portée par tout un écosystème

« Les chiffres encouragent à se projeter vers l’avenir avec une augmentation des ventes de plus 36% en 10 ans à l’international… Il faut continuer à porter la liberté de création !  Cette année 2023 du documentaire s’ouvre avec un cadre réglementaire réactualisé et des organisations de producteurs qui tirent parti de ce nouveau cadre. Le nouveau soutien aux producteurs indépendants acté depuis le 1er janvier ainsi que l’accord multipartites pour encadrer les salaires des auteurs signé ce soir sont très constructifs.

Je tiens a remercier le CNC et SCAM pour avoir initié cette démarche collective de l’année du documentaire qui sera l’occasion de valoriser le patrimoine et d’accentuer la visibilité du genre auprès du grand public. Le CNC va de son côté travailler à un bonus documentaire pour les salles d’art et essais et cette année sera l’occasion d’affirmer l’accompagnement souhaité par les instances publiques… J’ai le plaisir de déclarer ouverte cette année 2023 du documentaire ! »

 

Former les documentaristes de demain

La création documentaire se nourrit comme nulle autre des évolutions techniques et technologiques. Écrire, produire, réaliser et diffuser le documentaire de demain est un enjeu essentiel. Les structures formant à la création documentaire sont multiples, des grandes institutions nationales généralistes aux formations plus ponctuelles et spécialisées. Aussi ensemble des écoles et structures de formation professionnelle concernés seront des partenaires centraux de l’Année du documentaire mentionne le dossier de presse consacré à l’Année du documentaire.

 

Des rencontres professionnelles

Parmi les initiatives déjà actées, la Scam, ARTE et le CNC organiseront des journées-rencontres « Le documentaire, matière à penser » autour de la pratique du documentaire. Unifrance proposera une journée de réflexion sur l’exportation des documentaires le 7 février et le CNC organisera une journée de réflexion autour des enjeux du documentaire dans le courant de l’année.

 

Connaissez vous vraiment le secteur du documentaire ?

  • Un secteur en plein essor porté par plus de … 50 000 professionnels !
  • Une richesse et une diversité emblématiques du dynamisme artistique et culturel français.
  • Un immense vivier d’autrices et d’auteurs internationalement reconnus depuis les frères Lumière… On peut citer Chantal Akerman, Alain Cavalier, Raymond Depardon, Jean-Luc Godard, Claude Lanzmann, Sébastien Lifshitz, Chris Marker, Marcel Ophüls, Mariana Otero, Rithy Panh, Raoul Peck, Nicolas Philibert, Frédéric Rossif, Claire Simon, Agnès Varda, Frederick Wiseman…
  • Une créativité et un renouveau de talents de tous horizons : Alice Diop, Clément Cogitore, Dieudo Hamadi, JR, Jean-Gabriel Périot Anne Poiret…
  • Des films à grand succès au cinéma comme Microcosmos Le peuple de l’herbe de Claude Nuridsany et Marie Pérennou ; La Marche de l’empereur de Luc Jacquet (Oscar du meilleur documentaire 2006) ; Être et avoir de Nicolas Philibert, Océans de Jacques Perrin et Jacques Cluzaud, Demain de Cyril Dion et Mélanie Laurent ; et à la télévision un genre porté par des auteurs et autrices comme Yann Arthus-Bertrand, Daniel Costelle, Yves Jeuland, Virginie Linhart, Jérôme Prieur, Marie-Monique Robin.
  • Des oeuvres récompensées par des prix internationaux comme récemment La Combattante de Camille Ponsin (Grand Prix documentaire national au Fipadoc 2022) ; A vendredi, Robinson de Mitra Farahani (Prix Spécial du Jury au Festival de Berlin 2022) ; La Panthère des neiges de Vincent Munier et Marie Amiguet (César du meilleur documentaire 2022) ; Wagner, l’armée de l’ombre de Poutine d’Alexandra Jousset et Ksenia Bolchakova (Prix Albert Londres et Grand Prix du FIGRA) ; Enfants de Daech, les damnés de la guerre d’Anne Poiret (Emmy Awards du meilleur documentaire 2022) ou encore le film d’animation Flee de Jonas Poher Rasmussen, coproduction internationale entre 10 pays (récompensé par le Grand Prix du Jury documentaire à Sundance 2021, par le Globe de Cristal au Festival international du film d’animation d’Annecy et a reçu trois nominations aux Oscars 2022 dans les catégories film documentaire, film international et film d’animation).
  • Un patrimoine considérable, véritable trésor à valoriser.
  • Un lien sans équivalent avec les territoires et les populations.
  • Un outil pédagogique essentiel à destination des jeunes pour comprendre le monde, appréhender au mieux les images qui le représentent, savoir les décrypter, apprendre à les produire.

 

Et pour compléter quelques chiffres clés du documentaire

  • C’est le premier genre audiovisuel aidé par le CNC : 1 869 heures en 2021, soit +7 % par rapport à 2020.
  • 71 M€ versés à plus de 550 producteurs audiovisuels en 2021.
  • 25 % des heures de documentaires audiovisuels aidées entre 2016 et 2020 strictement réalisés par des femmes, contre 61 % par des hommes et 14 % par des équipes mixtes.
  • 24 % des heures de documentaires aidées entre 2016 et 2020 strictement écrits par des femmes, contre 54 % par des hommes et 22 % par des équipes mixtes.
  • France Télévisions 1er financeur du documentaire de création avec 85 M€ investis en 2021, devant Arte avec 39 M€.
  • France Télévisions, leader sur l’audience du documentaire à la télévision avec 41 des 50 meilleures audiences en 2022.
  • 71 films de documentaires de danse (dont certains sont encore en cours d’écriture) financés depuis 2017 par la délégation à la danse du ministère de la Culture constatant un « angle mort » dans les programmes d’aide existant sur ce sujet.
  • Trois documentaires aidés par le CNC se classent dans le top 10 des audiences en 2022 : Noirs en France produit par Bangumi, La Traversée de Bourvil produit par Kcraft & Co et Un si long silence produit par Imagissime et Scarlett Production
  • 37 M€ de ventes à l’export pour les documentaires audiovisuels en 2021, 4ème plus haut niveau depuis 20 ans.
  • La série documentaire française, belle visibilité sur les plateformes de VàDA, 3e nationalité la plus représentée derrière les programmes américains et britanniques en juillet 2022.
  • 1,6 M€ versés par le Fonds d’aide à l’innovation documentaire à des auteurs et producteurs cinéma et audiovisuel pour l’écriture et le développement de projets à fort parti pris artistique.
  • 1 M€ versé par le Fonds Images de la diversité aux documentaires cinéma et audiovisuels proposant de nouvelles représentations de la réalité française.
  • 50 films documentaires de long métrage agréés en 2021, dont 44 d’initiative française.
  • Plus de 60 documentaires d’archéologie coproduits et diffusés par l’Inrap sur des chaînes publiques.
  • 41 % des documentaires d’initiative française agréés bénéficient d’une aide sélective à la production du CNC (avant ou après réalisation).
  • 89 documentaires sortis dans les salles de cinéma françaises en 2021, soit 20 % de l’offre de films en première exclusivité.
  • 58 documentaires recommandés Art et Essai en 2021.
  • 1,1 million d’entrées en 2021, dans les salles de cinéma, avec en tête du classement La Panthère des neiges de Marie Amiguet et Vincent Munier.
  • Un soutien à l’émergence documentaire via les subventions aux associations et festivals œuvrant pour la détection et l’accompagnement des auteurs ainsi que par le soutien aux court métrages documentaires.
  • 350 séances par an et 14 000 spectateurs pour les projections organisées par La Cinémathèque du Documentaire à la BPI au Centre Pompidou.
  • 11 programmations, 70 films et 60 000 spectateurs par an pour le programme Escales sur la plateforme TikTok.
  • Plus de 700 séances organisées chaque année par les 70 membres du réseau de La Cinémathèque du Documentaire.
  • 55 000 films, 32 000 auteurs et autrices, 6 900 compositeurs et compositrices, 630 sociétés de production, 840 festivals consultés par 180 000 visiteurs/mois sur la plateforme film-documentaire.fr
  • La Scam compte 32 680 auteurs et autrices audiovisuels avec 124 000 œuvres déclarées en 2021.
  • 800 000 € d’aides à l’écriture pour les bourses Brouillon d’un rêve audiovisuelles de la Scam.
  • Le répertoire de la Scam regroupe 1,4 million d’œuvres audiovisuelles.
  • Le documentaire est au coeur des actions d’aide à la création de la Procirep en matière audiovisuelle, mobilisant plus de 60 % du budget de la Commission Télévision, avec plusieurs types d’aides annuelles : 1,1 M€ d’aide au développement de projets de documentaires de création, qui bénéficie chaque année à environ 260 projets et plus de 110 sociétés. 4000 € de subvention en moyenne. 3 M€ d’aide à la production de documentaires TV attribuée annuellement à près de 400 œuvres en cours de production et plus de 200 sociétés différentes. 7000 € de subvention en moyenne.
  • Les aides de la Procirep représentent en moyenne 3 à 4 % des budgets de production des œuvres soutenues (et peuvent monter jusqu’à 10%)…