La création d’une nouvelle monnaie de réserve à l’ordre du jour des BRICS en 2023

Par Swann Collins, investisseur, écrivain et consultant en affaires internationales – Eurasia Business News, le 26 janvier 2023

Photo : drapeaux des cinq Etats membres des BRICS (Brésil, Russie, Chine, Afrique du Sud et Inde).

La création d’une nouvelle monnaie dans le cadre des BRICS (Brésil, Inde, Chine, Russie et Afrique du Sud), des pays d’Amérique latine et des Caraïbes sera discutée lors du sommet de l’association, qui se tiendra fin août en Afrique du Sud, a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov après une conversation avec le président angolais João Lourenço le 25 janvier. Son commentaire est publié sur le site du Ministère russe des Affaires étrangères.

Le ministre russe a déclaré que les pays africains, y compris l’Angola, étaient également invités au sommet des BRICS.

« Les pays sérieux et qui se respectent sont bien conscients de ce qui est en jeu, voient l’incapacité des « maîtres » du système monétaire et financier international actuel et veulent créer leurs propres mécanismes pour assurer un développement durable, qui seront protégés des diktats de l’extérieur », a déclaré Sergeï Lavrov.

Les pays des BRICS travaillent sur la question de la création d’une nouvelle monnaie internationale basée sur les monnaies des États membres des BRICS, qui peut devenir une nouvelle monnaie réserve, avait déclaré le président russe Vladimir Poutine lors du sommet de juin 2022 organisé à Pékin.

Les BRICS réunissent depuis 2010 le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud. Tous ces pays sont des producteurs d’or.

Le Ministère du développement économique de la Russie a d’ailleurs examiné les condition de création d’une telle monnaie pour augmenter la part des règlements en monnaies nationales et atteindre un certain niveau de dédollarisation. Avant de lancer une nouvelle monnaie internationale entre les BRICS, il serait nécessaire d’après les économistes russes de systématiquement et progressivement « construire une architecture financière commune », a déclaré Nikita Kondratyev, directeur adjoint du Département de la coopération économique multilatérale et des projets spéciaux du ministère du Développement économique de la Fédération de Russie.

Selon ses estimations, en juin 2022, la part des règlements dans les monnaies nationales des « cinq » pays BRICS était de 38%, alors qu’en 2013-2014, elle était estimée à 2-3%. Il est prévu que dans un proche avenir, cette part atteindra 50%, non seulement dans le secteur de l’énergie de l’économie, mais aussi dans le commerce des produits agricoles et des biens de consommation, a ajouté Nikita Kondratyev.

En 2022, l’Iran, l’Argentine et l’Algérie ont demandé à rejoindre les BRICS. Un intérêt pour rejoindre ce groupe a également été exprimé par la Turquie, l’Égypte et l’Arabie saoudite. L’ambassadeur d’Afrique du Sud en Russie, Mzuvukile Demetuka, a déclaré qu’il y avait 13 candidats pour rejoindre l’organisation, parmi lesquels le Bahreïn et les Émirats arabes unis.

Le 23 janvier, les présidents brésilien Luiz Inácio Lula da Silva et Alberto Fernandez ont annoncé dans un article conjoint qu’ils avaient décidé « d’intensifier les discussions sur une monnaie sud-américaine unique pouvant être utilisée pour servir à la fois les flux financiers et commerciaux, réduire les coûts de transaction et la vulnérabilité économique extérieure [des deux pays] ».

Le Brésil a proposé d’appeler cette monnaie Sur, qui se traduit par « sud ». Les initiateurs espèrent qu’une telle monnaie commune aidera les pays d’Amérique du Sud à réduire leur dépendance au dollar et par conséquent leur exposition aux changements de politiques monétaires de la Réserve fédérale américaine. Dans un premier temps, il s’agira d’un projet bilatéral, auquel d’autres économies latino-américaines seront ensuite invitées à se joindre.

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D’après nos sources locales à Brasilia, les négociations en sont à un stade très précoce, aucune échéance pour atteindre l’objectif n’a été fixée pour le moment.

En 2021 la banque centrale du Brésil a acheté d’importants volumes d’or sur le marché international, afin de renforcer la monnaie brésilienne, le real. Les réserves officielles du pays s’élevait à 129.65 tonnes d’or au quatrième trimestre 2021 (après l’achat de 62,29 tonnes sur l’année 2021).

Cette politique monétaire est dirigée contre le dollar américain, dont la domination dans l’économie mondiale diminue inexorablement sur les vingt dernières années, face à l’euro, au yuan ou au rouble. La Russie et la Chine, alliés politiques, énergétiques et économiques, mais aussi le Brésil, l’Inde et l’Afrique du Sud, veulent en effet s’affranchir des Etats-Unis sur la scène internationale et renforcer leur souveraineté économique.

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L’acronyme BRICS, dérivé des lettres initiales des noms des membres du groupe, a été créé en décembre 2010, lorsque l’Afrique du Sud a rejoint l’organisation qui était auparavant connue sous le nom de BRIC. L’objectif du groupe, créé à l’initiative de la Russie en 2006, est de renforcer la coopération globale entre les États membres. La Chine assurait la présidence des BRICS en 2022. Elle a passé le relais à l’Afrique du Sud pour l’année 2023.

Le sommet de 2023 marquera la première réunion en personne des dirigeants des BRICS depuis 2019, en raison de la pandémie de COVID-19. Le lieu du sommet n’a pas encore été confirmé, mais il se tiendra dans l’une des quatre plus grandes villes sud-africaines – Johannesburg, Durban, Le Cap ou Pretoria.

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