Jura. Le ministre de l’Agriculture souligne la « réussite » de la filière comté, mais invite à la vigilance

La grand-messe du comté avait lieu, ce vendredi 2 décembre, jour d’inauguration de la nouvelle Maison du comté , en présence d’acteurs de la filière et d’élus locaux. Très attendu pour l’inauguration de la Maison du comté, le ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire Marc Fesneau, a suivi le parcours de visite, rencontré deux producteurs de lait et un fromager. Il a souligné « le modèle formidable » de la filière. « Vous faites bouger les lignes, le travail du cahier des charges est assez préfigurateur de ce que nous allons poser sur la durabilité, pour la préservation de l’environnement et du modèle social », a-t-il souligné.

Même s’il s’agissait d’une visite de courtoisie, une entrevue s’est déroulée entre les membres du conseil d’administration du CIGC et le ministre. Ils ont notamment évoqué le nouveau cahier des charges, en cours d’instruction à l’INAO. Alain Mathieu, président du CIGC, a rappelé l’importance de « préserver [notre] modèle agricole et familial » et a insisté sur le maintien de fermes transmissibles.

Le loup et le changement climatique

« Ce n’est pas parce que le modèle fonctionne qu’il n’est pas fragile, tempère le ministre. Il faut se méfier des petits grains. » La problématique du loup « désormais présent en Franche-Comté » a été rappelée par les élus locaux quelques jours seulement après une attaque supposée d’un veau de 3 mois à Villers-les-Bois. « Dire qu’il suffit de laisser faire la nature est une erreur, appuie Marc Fesneau. Je ne veux pas qu’on revive la même situation à l’été 2023. Personne n’a intérêt à ce que l’élevage disparaisse », insiste-t-il, dans un contexte de tensions entre militants et agriculteurs. À l’heure où les agriculteurs ont rentré leurs bêtes pour l’hiver, certains redoutent que l’animal s’introduise dans les stabulations. Le ministre n’y croit pas tellement. « Ce ne sont pas les cas les plus avérés, pense-t-il. Ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas être vigilant. »

L’autre problème soulevé par les acteurs de la filière est le dérèglement climatique, marqué par des sécheresses à répétition. Les prairies étaient complètement jaunies dès le printemps. La production de fourrage a été insuffisante pour fournir les stocks d’hiver. La filière devra s’adapter sur le long terme. « On va passer d’une surface de 10 000 à 13 000 m², par vache laitière », observe Alain Mathieu. Pour lui l’adaptation passe aussi par une diminution des troupeaux. « Il y a déjà -12 % de génisses présentes dans les élevages. »

Après sa fermeture annuelle, la Maison du comté rouvre à partir du 12 décembre.

1,2 million de litres de lait alimentent l’Enilbio

Le ministre a d’abord visité l’École nationale des industries laitières et des biotechnologies (Eniblio). Thierry Berrard, directeur de la halle technologique, a joué les guides, et expliqué les différents outils dont bénéficient les élèves. « 1,2 million de litres de lait sont livrés chaque année à l’Enil », a détaillé le directeur, en présentant au ministre la production des élèves, ainsi que de pures créations : le grimont et le polinois. Cette entame a permis au ministre de comprendre la fabrication de près et côtoyer des meules dans la cave de l’établissement. Cette visite s’effectue dans un contexte où les formations des métiers du lait peinent à attirer les jeunes. Aucune rencontre n’était cependant prévue entre la direction de l’établissement et l’homme politique.