Journée internationale contre les violences faites aux femmes à Lyon : renforcer le maillage des acteurs dans la région

Amélie 25 ans, Kadia 50 ans, Julie 26 ans ou encore Valérie 34 ans, toutes font partie des 100 victimes de féminicides depuis le début de l’année 2022 en France. Sur un grand panneau à l’Hôtel de la région Auvergne-Rhône-Alpes ce chiffre et ces noms sont inscrits.

En passant, des membres d’associations, brochures à la main, des forces de l’ordre vêtues de bleu marine, ou encore élus locaux s’arrêtent, silencieux face ce décompte réalisé par le collectif Féminicides.

© Tout Lyon / Mathilda Ruiz-Yeste – Panneau de recensement des victimes de féminicides, décompte du collectif Féminicides

Une importante galaxie d’acteur engagés contre les violences faites aux femmes

© Tout Lyon / Mathilda Ruiz-Yeste – Violentomètre, échelle d’autoévalutation de la violence dans un couple
© Tout Lyon / Mathilda Ruiz-Yeste – Verso du violentomètre avec numéros d’urgence

Réunis pour la première fois à l’Hôtel de Région, ces différents acteurs ont pu échanger sur leurs actions et leur constat réalisé au fil de leur missions d’aide et d’accompagnement des femmes victimes de violences.

Si plusieurs associations présentes expliquent faire partie d’un réseau et collaborer avec le tissu d’organisations du territoire, l’implication d’institutions locales permet de renforcer la visibilité des dispositifs en place dans la région.

“Il y a les associations qui oeuvrent dans la sécurisation des femmes vicitmes de violences, puis nous, on s’inscrit dans un processus de reconstruction. On voit comment on peut, grâce au levier sport les aider à reprendre confiance en elles”, a détaillé Marie Sophie Obama, vice-présidente de l’ASVEL féminin, lors de sa prise de parole aux assises.

Elle est venue présenter et signer un partenariat avec la Région pour le déploiement du projet “La capitaine de ma vie”, visant à la réinsertion des femmes en situations de vulnérabilité.

Comme on est dans la plaquette de la ville de Lyon (plaquette rescensant les associations et dispositifs d’accompagnement des victimes de violences sexistes et sexuelles, ndlr), on a souvent des appels ou des mails. Du coup on offre une première écoute, puis on oriente sur le territoire”, explique Jeanne Mangolte, chargée de mission et prévention à Filactions.

Laurent Wauquiez : “4 millions d’euros à l’année”

Les institutions locales, telles que la mairie de Lyon ou la région Auvergne-Rhone-Alpes, peuvent également apporter un soutien matériel et financier. “On met autour des 4 millions d’euros à l’année entre les subventions aux associations, ce qu’on met en place dans le pass région, la formation, ou des logements pour les victimes”, a estimé Laurent Wauquiez en conférence de presse.

La Région a également déclaré attribuer 700 000 euros de subventions aux associations de la région luttant et prévenant les violences faites aux femmes.

Lutte contre les violences faites aux femmes : “On manque de réseau, on est une espèce de millefeuille”

© Tout Lyon / Mathilda Ruiz-Yeste – Prise de parole de Marie Sophie Obama

Cependant, lors de ces assises, les élus locaux ont déploré le manque d’information et de maillage territorial auxquels ils font face. “On manque de réseau, on est un espèce de millefeuille où chacun à la bonne idée du siècle, et ce sont de bonnes idées, mais on ne sait pas par où commencer” , a déploré Valérie Gonzo-Massol, élue de Haute-Savoie.

Cette dernière attire également l’attention sur l’importance de considérer les enjeux propres aux zones rurales, plus isolés du tissu citadin d’organisations.

“A l’échelle départementale, les acteurs sont autour de la table, que ce soit la police, la gendarmerie, l’éducation nationale… Des outils on en a, mais on manque de points de repères et de réseau”, insiste Valérie Gonzo-Massol.

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