“Jouer un arnaqueur, c’est une mine d’or”

Parlez-nous un peu de votre personnage… 

Jonathan Zaccaï : J’incarne successivement Guillaume, Amaury, Nathan et Roman. Cet homme aux identités multiples est un manipulateur et un escroc qui séduit des femmes pour leur voler leurs économies. Selon moi, sa psychologie complexe est peut-être le fruit d’un passé traumatisant… 

Ce scénario nous rappelle immédiatement les faits relatés dans L’Arnaqueur de Tinder, le documentaire phénomène diffusé sur Netflix… 

C’est vrai, il en est très proche. Les producteurs de cette série sur M6, Dominique Farrugia, Amaury Fournial et Béatrice Pacotte, se sont inspirés d’une histoire authentique qui s’est déroulée aux États-Unis, où un imposteur a escroqué des dizaines de femmes. Ces victimes se sont unies pour obtenir justice, comme dans L’Homme de nos vies

Qu’est-ce qui vous a séduit dans ce projet ? 

Notre métier d’acteur, c’est de nous glisser dans la peau d’un personnage à chaque nouveau film. Dans cette fiction, je joue à cela tout au long des quatre épisodes. Mon personnage développe différentes personnalités, une pour chaque femme qu’il fréquente… C’est une mine d’or pour un comédien et c’est un cadeau merveilleux. Franchement, cela ne se refuse pas !

Quelles étaient les indications de jeu du réalisateur ? 

(Rires) C’est drôle, c’est la première question que je lui ai posée en arrivant sur le tournage. Il m’a dit : ” ‘Tu sais ce que Jean-Pierre Marielle pensait de la direction d’acteur ? La seule direction que l’on puisse donner à un comédien, c’est le chemin du studio !’ “ Frédéric Berthe a le don de laisser cette part de liberté aux acteurs. C’est passionnant ! 

C’était une partition difficile ? 

Oui, surtout quand on tourne les scènes dans le désordre. Ma plus grande difficulté était de rendre mon personnage crédible et de ne pas en faire une caricature. J’ai plus travaillé sur une étude du comportement que sur sa psychologie. Je suppose que, même quand on est un arnaqueur, on connaît des instants de vérité, des moments où l’on vit vraiment les choses, en toute sincérité. Ce qui m’intéressait, c’était de faire toucher du doigt au spectateur cet intervalle où le personnage bascule de la sincérité à la manipulation. C’était compliqué, mais passionnant. 

Vous retrouvez Odile Vuillemin, qui a joué votre femme dans la fiction Il est elle (TF1). Les retrouvailles se sont bien passées ? 

Nous avons eu beaucoup de plaisir à jouer ensemble, même si nos scènes n’étaient pas aussi longues que celles avec Flore Bonaventura, Élodie Frégé et Helena Noguerra. C’était frustrant, car j’ai aimé la relation qu’il entretient avec Camille (Odile Vuillemin). Mais je vais bientôt la retrouver dans un autre projet. 

Vous serez aussi prochainement au cinéma au côté de Jean Dujardin… 

Dans Les Chemins de pierre, de Denis Imbert, inspiré du livre de Sylvain Tesson, Sur les chemins noirs. 

L’homme de nos vies : jeudi 24 novembre à 21h10 sur M6

INTERVIEW CATY DEWANCKÈLE