Johnny Hallyday en 5 films explosifs

Le Spécialiste, de Sergio Corbucci (1969)

Si Sergio Corbucci vient du cinéma bis, il se fera un nom en pondant certains des plus grands westerns spaghetti, avec notamment sa trilogie officieuse de la boue et du sang — avec Django en 1966, Le Grand Silence en 1968 et Le Spécialiste en 1969. Ce dernier est né de la demande d’un producteur français qui voulait qu’il écrive un western pour notre Johnny national. Le projet arrive à point pour le chanteur, dont la carrière sera relancée (sur le grand écran tout du moins) avec ce rôle de cowboy voulant se venger de la mort de son frère. Peut-être pas le plus grand film de Johnny, mais l’un des plus importants, sans l’ombre d’un doute.

L’aventure c’est l’aventure, de Claude Lelouch (1972)

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Dans ce film extrêmement moderne, Claude Lelouch réunit une bande d’escrocs et d’arnaqueurs dont le monde change et la vision de l’argent aussi. Dans cette incroyable bande, on retrouve Lino Ventura, Jacques Brel, Charles Denner, Charles Gérard et Aldo Maccione, tout le temps en train de faire des pâtes. L’ensemble est une grandiose suite de sketchs aux situations rocambolesques dans l’après-sixties, la décennie des libérations.

Ces pieds nickelés sont complètement hilarants dans leur façon de voir le kidnapping moderne, entre dictateur et pape. Et au milieu, ils kidnappent Johnny Hallyday, le vrai, qui a ici un petit rôle mais chante carrément le thème du film et devient complètement pote avec la bande d’escrocs dans une sorte d’échange de bons procédés pour faire monter sa cote de popularité et prendre quelques vacances. La chasse à la célébrité, quarante ans avant l’ère des réseaux sociaux. Trop de scènes culte, des dialogues truculents, le meilleur Claude Lelouch, quoi.

Point de chute, de Robert Hossein (1970)

Vrai polar moderne et froid pour ce premier grand rôle de Johnny. Très grand spécialiste des films noirs, Robert Hossein signe ici un suspense décoiffant à ranger aux côtés des films d’Alfred Hitchcock. Johnny Hallyday y joue son rôle préféré : un voyou dur, Vlad le Roumain, qui doit protéger une jeune bourgeoise kidnappée. Tout les sépare. Et bien sûr, tout va les rapprocher. On retient les lunettes noires de Robert, le regard perçant de Johnny, les masques blancs flippants et la douceur mystérieuse de Pascale Rivault. À revoir absolument.

Jean-Philippe, de Laurent Tuel (2006)

Et si Jean-Philippe Smet n’était jamais devenu Johnny Hallyday ? Pour le plus grand fan du crooner, incarné ici par Fabrice Luchini, qui se réveille, après avoir reçu un coup, dans un monde où c’est exactement le cas, c’est impossible. Johnny joue une fausse version de lui-même avec suffisamment d’autodérision pour rendre ce film presque culte – ou en tout cas, l’un des rôles les plus marquants de Johnny sur grand écran.

Vengeance, de Johnnie To (2009)

John Wick dix ans avant. La légende de Hong Kong Johnnie To revisite le personnage du Samouraï de Melville, véritable classique du film noir contemplatif quasi muet qui a marqué une grande partie du cinéma asiatique comme John Woo, Ringo Lam ou Tsui Hark. Johnny y a le rôle principal, monolithe, violent, décisif. Certains plans et mises en lumière néon sont vraiment superbes. Les deux Johnn-ie-y assurent un vrai classique du genre.