HyPrSpace veut faciliter l’accès à l’espace par la propulsion hybride

Lancée en 2019, leur société se distingue par sa technologie. Actuellement…

Lancée en 2019, leur société se distingue par sa technologie. Actuellement, le transport spatial se partage en deux familles : la propulsion à propergol solide d’un côté, utilisée notamment pour les boosters d’Ariane 6, et la propulsion liquide de l’autre. Les deux ont leurs avantages et inconvénients. « La propulsion solide est moins chère et fiable. Mais c’est du matériel pyrotechnique. Une fois la mise à feu déclenchée, on ne peut plus moduler la poussée, éteindre ou rallumer le moteur. C’est comme si vous mettiez une brique sur l’accélérateur de votre voiture », résume l’ingénieur.

À l’opposé du spectre, il y a la propulsion liquide. Le comburant et le carburant sont stockés dans des réservoirs séparés. Le mélange intervient dans la chambre de combustion et produit des gaz chauds. « Exigeant des centaines de pièces, cette technologie est plus onéreuse. C’est une sorte d’horlogerie suisse qui tourne à 100 000 tours par minute. Elle permet en revanche d’agir sur le moteur, de rectifier le cas échéant une trajectoire », précise l’entrepreneur.

Protégée par brevet

Depuis trois ans et demi, HyPrSpace concentre ses efforts sur une troisième voie : la propulsion hybride. Avec l’espoir de pouvoir combiner les avantages du solide et du liquide. Séduisant sur le papier, le principe se heurte à un frein de taille dans le domaine spatial. Les performances ne sont pas au rendez-vous. L’efficacité de combustion s’étiole. Le gros moteur de lanceur pousse peu et génère beaucoup d’imbrûlés. « L’architecture novatrice que nous avons développée permet de lever ce verrou technologique. Elle rend la propulsion hybride aussi efficace en pratique qu’en théorie », souligne Sylvain Bataillard.

La jeune pousse a remporté un appel à projets du plan France 2030 sur les micro-lanceurs

HyPrSpace table sur une petite chambre de combustion, fine et de forme toroïdale. L’innovation a été expertisée par la DGA (Direction générale de l’armement) et l’Onera (Office national d’études et de recherches aérospatiales). Elle est également protégée par brevet. La jeune pousse a remporté un appel à projets du plan France 2030 sur les micro-lanceurs. Une première levée de fonds de 1,1 million a été réalisée. D’autres seront nécessaires pour passer du stade de démonstrateur à celui de prototype à l’échelle 1.

Un premier tir de fusée grandeur nature est prévu en 2025

Grâce à sa technologie prometteuse, HyPrSpace vise des clients souhaitant mettre sur orbite des satellites pesant jusqu’à 250 kilos. Elle privilégie un polymère recyclé aux énergies fossiles pour le carburant solide et un premier étage de fusée réutilisable.

Installée au Haillan, dans un entrepôt de 600 mètres carrés, la société emploie 18 salariés à ce jour, essentiellement des profils d’ingénieurs. Elle dispose de partenaires solides. Le Suisse Beyond Gravity (ex Ruag Space) l’assiste ainsi sur le volet des matériaux composites. Un premier tir de fusée grandeur nature est prévu en 2025. Demain, presque.