film choc ou film toc ?

Vain drame nihiliste qui agace ou puissante tragédie urbaine qui emporte ? Nos avis sont partagés sur le troisième long métrage de Romain Gavras, et premier qu’il réalise pour Netflix.

POUR

Dans les escaliers d’une tour de cité, un flic pointe son arme sur un jeune habitant du quartier tenant un cocktail Molotov à la main. Plusieurs champs-contrechamps se succèdent sur les deux personnages immobiles. Ils se regardent droit dans les yeux. On ne saura jamais lequel agira le premier, ni les conséquences immédiates de cette situation dramatique.

La scène ne provient pas du troisième long métrage de Romain Gavras, Athena. Elle se situe à la toute fin des Misérables (2019), de son comparse Ladj Ly, et faisait écho à la fin de La Haine (1995), lorsque Mathieu Kassovitz filmait en gros plan les yeux clos de Saïd, horrifié à l’idée de voir lequel tirera le premier entre son pote Hubert et un inspecteur de police coupable d’avoir tué accidentellement le personnage de Vincent Cassel. Deux temps suspendus, dans deux films qui mettaient en scène un calme progressivement perturbé avant la tempête.

Athena est la tempête.

Avec Ladj Ly à la coécriture du scénario, Gavras s’est mis en tête de montrer l’après : la possibilité du nihilisme, de la tabula rasa, consécutifs à l’embrasement de trop. Athena comble les points de suspension et commence donc par un temps suspendu : devant un parterre silencieux de journalistes, d’officiels et d’habitants de la cité Athena, Abdel (Dali Benssalah, intense), un soldat français revenu du front, annonce que son petit frère est mort à la suite d’une intervention de police qui a mal tourné. À partir de là, le temps s’accélère et tout explose. Une fronde est menée par son autre petit frère, Karim (Sami Slimane, une révélation), pour que les policiers responsables et en fuite soient livrés à la cité.

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