Festival Mascaret, une nouvelle vague pour l’occitan

Sortir de la métropole

Et cette 11e édition de la manifestation est aussi l’occasion de sortir un peu plus de la métropole bordelaise où l’on s’était cantonné jusqu’alors pour des raisons logistiques. Car « les acteurs culturels occitans sont éparpillés dans tout le département mais ils sont nombreux. » Et surtout, très différents dans leurs approches entre les militants occitanistes purs et durs et ceux qui, comme Monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir, font vivre cette culture sans y prêter attention. Le festival, c’est la conjonction de toutes ces approches et de fait, il est lui aussi à cheval entre les événements très pointus, comme des conférences en occitan, réservées de fait aux locuteurs et des événements auxquels tout le monde peut accéder.

Au premier rang desquels le concert de Claude Marti, le 9 octobre au Rocher de Palmer à Cenon. Pionnier de la chanson en occitan, à l’époque où la cause redevenait centrale au début des années 1970, le Carcassonnais n’était pas revenu à Bordeaux… depuis cinquante ans. À l’époque, il avait rempli la salle des fêtes du Grand-Parc et un jeune étudiant, Éric Fraj, s’était invité pour assurer sa première partie. Cinquante ans plus tard, l’étudiant a un peu vieilli mais il est resté musicien et c’est de nouveau lui qui inaugurera la soirée pour une affiche qui, mis à part quelques cheveux blancs, est restée la même qu’un demi-siècle avant.

Bal en plein air

La programmation de cette édition sera très marquée par la musique car c’est cette scène qui est la plus dynamique. Cette année, pas de reggae ou de rock mais on reste plus sagement avec des groupes trad’ plus ou moins modernisé comme, notamment, Lo Silenci de la Flor ou Man Encantada. D’ailleurs, l’ouverture du festival se fera ce samedi, cours de l’Argonne à Bordeaux, avec un bal en plein air, histoire de sortir justement de l’underground (Anem Triò et Ginginha Gratis).

Mais le département a aussi la chance d’avoir en Patrick Lavaud, ex-programmateur des Nuits atypiques, l’un des principaux documentaristes de langue occitane qui filme les acteurs majeurs de ce monde culturel. Deux pièces de théâtre, le traditionnel marché des producteurs de pays qui quitte la place Fernand-Lafargue pour se centraliser à Pey-Berland à Bordeaux, le festival Mascaret étend sur plus d’un mois des propositions qui remettent la langue au centre de la culture.

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