Et si Sawegnon avait raison de critiquer la RTI sur les films brésiliens, mexicains ou indiens

Dans une vidéo rendue viral sur les réseaux sociaux, la directrice de Fréquence 2, Mariam Coulibaly, a recadré Fabrice Sawegnon DG de LIFE TV qui s’en était ouvertement pris à la Radiodiffusion Télévision Ivoirienne (RTI) qui selon lui ne privilégie pas les productions locales. C’était, il ya quelques jours au Salon des Industries Musicales d’Afrique (Sima).

« Chez nous à Life Tv, on ne diffuse pas de films indiens, de films mexicains ou des séries brésiliennes qu’on peut trouver chez les concurrents et même dans le service public. On nous prend 2000 Fcfa sur nos factures pour aller payer des films indiens … Nous chez Life Tv, on fait la part belle aux productions locales ou africaines. C’est à dire que le jour vous voyez un film indien à Life Tv, c’est que je ne suis plus là. Il faut d’abord promouvoir sa culture avant de s’intéresser à celle des autres. Et pour moi, c’est fondamental…nous finançons, en priorité, les productions locales pour donner la chance aux talents locaux de s’exprimer. On ne veut pas de films brésiliens, mexicains ou indiens’‘, a lancé Fabrice Sawegnon. Pour lui, la redevance RTI imposée sur chaque facture, devrait être repartie à l’ensemble des chaînes de télévision qui diffusent en Côte d’Ivoire.

Mariam Coulibaly à Fabrice Sawegnon:  »Quand tu feras du service public, tu pourras revendiquer la redevance »

Cette sortie de Sawegnon a fait effet de boumerang. Aussitôt repris par Mariam Coulibaly qui était présente à cet évènement. « Quand tu feras du service public, tu pourras revendiquer la redevance. Tant que tu n’en fais pas, désolée, ça sera IDT et la Rti, parce que finalement, il n’y a pas que la RTI, il y a également IDT qui profite de la redevance », a expliqué Mariam Coulibaly.

Sur la question des films étrangers, elle a voulu être rassurante et clarifier certaines choses.

« La RTI est pionnière dans le domaine de la promotion de la production locale. D’ailleurs, nous avons un segment Rti distribution qui favorise les productions locales et qui fait même des ouvertures vers des productions sous régionales. On a des collaborations avec l’Afrique du Sud, on a des collaborations, de plus en plus, avec des pays qui se vendent dans le domaine. Pour ce qui concerne les films brésiliens, ce sont des films qui ont eu le vent en poupe à une certaine période, et la Rti étant dans l’air du temps, propose ces contenus. Parce que, que vous le vouliez ou non, il y a du public pour ces contenus’ », a-t-elle clarifié.

L’idée de la mise en place de Rti distribution est de soutenir davantage la production locale par l’activation d’un écosystème redynamisé avec ses partenaires locaux. Dans un contexte audiovisuel de plus en plus concurrentiel, ces productions locales constituent le maillon essentiel à la mise en place de cet écosystème fort. Ces dernières années, la Rti a reversé aux producteurs locaux, à titre de quote-part, plus de 156 millions de FCfa.

La Rti fait office de partenaire naturel de la production et de la diffusion locale depuis des décennies, elle entend cependant franchir un nouveau cap dans sa collaboration avec les producteurs. Sa nouvelle vision se résume en trois points principaux : constituer un véritable patrimoine audiovisuel et cinématographique, construire avec les producteurs un modèle économique viable et favoriser la vente et la promotion des talents au-delà des frontières nationales.

Joël DALLY
Avec lavenir.ci