en comblant son gap technologique, l’Afrique peut tirer un grand profit de ses industries créatives

(Agence Ecofin) – Selon un rapport de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) paru il y a quelques jours, les industries créatives sont vitales pour le développement durable. L’économie créative contribue à l’atteinte de plusieurs Objectifs de développement durable, y compris la lutte contre la pauvreté et les inégalités de genre, ainsi que le sous-emploi ou le chômage. L’Afrique qui commence à prendre conscience de son important potentiel dans ce secteur, s’attaque aux obstacles qui restent à relever pour en tirer pleinement profit.

Les nouvelles technologies modifient le secteur des industries créatives

D’après les données de la CNUCED, les exportations mondiales de biens créatifs ont grimpé entre 2010 et 2020, passant de 419 à 524 milliards de dollars, alors que celles de services créatifs sont passées de 487 à 1100 milliards de dollars sur la même période.

Ces chiffres démontrent l’importance croissante du secteur des industries créatives pour l’économie mondiale et la tendance devrait se poursuivre selon les analystes. En effet, les avancées technologiques offrent aujourd’hui encore plus d’opportunités qui, si elles sont bien exploitées, feront croître davantage ce marché. Que ce soit la 3D, l’intelligence artificielle, la réalité augmentée et la réalité virtuelle, la blockchain ou même l’Internet des objets, chacune de ces technologies de la révolution 4.0 offre de nouvelles perspectives pour le secteur. Concrètement, elles ouvrent de nouvelles voies et moyens de production, de distribution ou encore de consommation de biens et de services créatifs.

Des opportunités pour les pays africains

Les pays en développement, notamment africains, tardent à profiter pleinement de cette nouvelle dynamique de l’économie mondiale en raison d’un environnement règlementaire pas toujours adapté et d’investissements encore insuffisants dans les infrastructures du numérique et du digital. Les pays africains partent de loin car devant encore combler un grand retard concernant les diverses technologies susmentionnées.

Toutefois, il est important de noter que des efforts sont en train d’être consentis dans ce sens. Que ce soit pour la réalité augmentée ou virtuelle (AR/VR), la blockchain, l’IA ou encore l’Internet des objets, ces technologies sont en plein essor sur le continent et des exploitations créatives en sont déjà faites. A titre d’illustration, c’est dans un pays africain (Malawi) qu’a été imprimée pour la première fois une école en 3D alors que le secteur africain de l’art se développe progressivement en essayant de tirer profit de l’opportunité qu’offrent la blockchain et les NFT (certificats numériques infalsifiables).

Alors que startups et entrepreneurs, locaux comme étrangers, essaient d’exploiter le potentiel offert par la technologie au secteur africain de la créativité, les dirigeants doivent relever des défis en matière de législation et de facilitation fiscales.

De leur côté, les institutions financières ont aussi un rôle à jouer. La Banque africaine de développement a déjà commencé en lançant Fashionomics, son initiative phare pour soutenir la croissance des MPME africaines dans les industries créatives, notamment les chaînes de valeur de la mode, du cinéma et de l’alimentation.

La dernière action en date de l’institution porte sur un prêt de 170 millions de dollars alloué aux entreprises numériques et créatives au Nigeria. Au-delà de l’allocation de financement, la BAD prend les devants à travers l’organisation de conférences au cours desquelles des questions au fort potentiel économique comme la problématique des industries créatives sont discutées.

La prochaine édition de l’Africa Investment Forum Market Days prévue du 2 au 4 novembre à Abidjan (Côte d’Ivoire) sera une nouvelle occasion de discuter de l’avenir du secteur africain des industries créatives. Entre autres questions relatives à cette thématique, les différents experts, dirigeants, investisseurs et autres décideurs pourront échanger sur les stratégies que l’Afrique peut mettre en œuvre pour combler son gap technologique et utiliser ces nouvelles opportunités pour développer son secteur des industries créatives.